Revue de presse française

A la Une: législatives, chronique d'un big-bang annoncé

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Kiosque à journaux.
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Le big-bang, c’est une théorie qu'emploient certains pour évoquer la création du monde. Justement, c’est manifestement un nouveau monde politique, un nouveau paysage en France, qu’anticipe le magazine Challenges à l’issue de ce scrutin législatif.

Car c’est ce mot – big-bang - qu’il a choisi pour orner « sa Une », en se demandant toutefois « jusqu’où », à l’Assemblé nationale, ira le « big-bang » provoqué par l’élection d’Emmanuel Macron. « Le tour de chauffe fait le 4 juin avec les Français de l’étranger, qui place huit des candidats de la République en marche sur onze au-delà de 50% des suffrages exprimés, est une sacrée indication, malgré la forte abstention », souligne cet hebdomadaire. Pour ce dimanche « les conditions s’annoncent parfaites pour le big-bang promis par le président de la République », prévient Challenges.

Législatives : le « dégagisme » et le « tombeur »

Le  « dégagisme », lui, est un mot entendu durant la récente campagne électorale. Comme sa sonorité l’indique, il fait référence au verbe « dégager ». Lequel, en politique, consiste à sortir les sortants, à les dégager…

Quant au « tombeur », enfin, il n’est autre que le candidat inconnu qui parvient à battre un candidat bien installé que l’on croyait – ou qui se croyait - indéboulonnable. Les tombeurs qui s’apprêtent à dégager des personnalités politiques de premier plan à l’issue de ces élections législatives, il va probablement y en avoir, et pas qu’un peu (d’où le big-bang attendu).

Et cette semaine, « M », le magazine du journal Le Monde, s’intéresse à eux. « La figure du tombeur, ou au moins du " petit " qui défie le " gros ", fascine au même titre que le David de la Bible terrassant le géant Goliath d’un coup de fronde », explique ce journal.

Pour réussir sa « mission impossible », un tombeur doit pouvoir compter sur des circonstances favorables. Le fameux alignement des planètes », prévient « M ».

Législatives : de l’audace, encore de l’audace…

Des circonstances, mais pas que… « De l’audace et de l’espoir, il en faut en grande quantité lorsqu’on aspire au rôle de tombeur en politique ». Mais « quoi de plus efficace pour se faire un nom en politique que de se présenter face à une " pointure " ? A défaut de scalp, on met un pied dans la porte. En cas de victoire, on devient celui qui a fait tomber », énonce ce journal.

Ce dimanche, nombre de têtes d’affiche « auront face à eux des candidats à la motivation décuplée par l’idée d’offrir un trophée prestigieux à leur parti. Et portés par la vague actuelle du " dégagisme " », remarque cet hebdomadaire, « la perspective de faire tomber une tête emblématique facilite d’ailleurs la mobilisation des troupes militantes ».

Législatives : menace sur les grands fauves

A l’issue de ces élections législatives, donc, beaucoup de têtes connues vont probablement tomber, mais ça ne sera pas la première fois, et « M » le rappelle. Michel Rocard, Lionel Jospin, Martine Aubry, Ségolène Royal, Alain Juppé, François Bayrou, « tous ont connu l’expérience humiliante du ko infligé par des poids plumes de la politique. Le meilleur allié des tombeurs reste de fait le complexe de supériorité de leur illustre opposant », prévient ce journal.

« Jusqu’à présent, les grands fauves de la politique pouvaient, en dépit de quelques exceptions, se croire protégés par leur stature nationale. La défaite infligée par des Petit Poucet apparaissait comme un accident de parcours, une anomalie. Tout a changé. Sous l’impulsion du " tombeur en chef " de la présidentielle, Emmanuel Macron, la nouveauté, la jeunesse et même l’inexpérience politique semblent devenues les meilleurs arguments de vente des primoaccédants à la députation », analyse « M », « in fine, c’est bien l’ambition de ces tombeurs nouvelle génération : devenir les fossoyeurs des vieux partis politiques ».

Législatives : Louis-Philippe, le retour

Mais si les « tombeurs » vont porter les « vieux partis » en terre, cela veut-il dire que ces élections législatives vont ramener la Ve République à ses origines ? C’est une musique que l’on entend, et selon laquelle la France est revenue à 1958, année de naissance de la Ve République.

Un hebdomadaire, toutefois, se distingue cette semaine dans l’analyse. Il s’agit du Figaro Magazine, qui prédit que les nouveaux députés seront « à 90 % issue des fameuses CSP + », autrement dit des catégories socioprofessionnelles favorisées.

Ce journal y voit un « bloc bourgeois, composé de l’alliance du centre droit du centre gauche » et qui ressemble « bien plus à celui mis en place après la révolution de 1830. Autour de Louis-Philippe, des anciens révolutionnaires modérés comme Lafayette et des libéraux comme Guizot ou le banquier Laffitte rejetaient à la fois l’extrême gauche républicaine et l’extrême droite légitimiste. Louis-Philippe était le candidat des Anglais et le garant de la soumission française à l’ordre libéral mondial imposé par l’hégémonie de l’Empire britannique. Nous ne sommes pas en 1958 mais en 1830 », estime Le Fig Mag. Vaste question, et début de réponses à partir de ce soir, passée 20h.

« Modemgate » : l’appât

En toile de fond de ce scrutin, les « affaires », en tout cas, n’ont pas disparu du paysage politique. Dernière en date, celle de l’ex-attaché parlementaire du Modem. Avec du nouveau ce matin. Etant rappelé qu’une enquête préliminaire pour « abus de confiance » a été ouverte en fin de semaine sur le Modem, le parti du ministre de la Justice François Bayrou après les déclarations d’un certain « Matthieu L. », ancien assistant de Jean-Luc Bennahmias, et que ce jeune-homme affirme avoir bénéficié d’un « emploi fictif au Modem », Jean-Luc Bennahmias lui répond ce matin dans Le Journal du Dimanche.

« Il prétend qu'il ne me connaît pas. Moi je le connais et mes autres collaborateurs le connaissent et nous avons gardé des traces de son activité pour nous, dit cet ex-eurodéputé du Modem dans Le JDD, il était prévu qu'en plus de ses activités au siège (du MoDem) il travaille pour moi et c'est ce qu'il a fait ».

Et Jean-Luc Bennahmias de dire dans Le Journal du Dimanche son « impression » qu’on l’utilise comme « appât » pour ce qu’il appelle une « opération de déstabilisation ». Et il remarque que « trois membres » du gouvernement sont « visés », dit-il encore au JDD : « François Bayrou, ministre de la Justice ; Sylvie Goulard, ministre des Armées ; et Marielle de Sarnez, ministre des Affaires européennes ». Rien à voir, bien sûr, avec le big-bang…

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