Revue de presse Afrique

A la Une: Kabila au Kasaï

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Le président Joseph Kabila, au Palais du Peuple à Kinshasa, mercredi 5 avril 2017, lors de son discours à la nation.
Le président Joseph Kabila, au Palais du Peuple à Kinshasa, mercredi 5 avril 2017, lors de son discours à la nation. REUTERS/Kenny Katombe

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Le président congolais poursuit sa tournée. « Joseph Kabila est arrivé hier lundi à Tshikapa, chef-lieu de la province du Kasaï, relève le site d’information congolais 7 sur 7, où il s’est rendu par route, au volant de sa jeep, à partir de Kinshasa la capitale. Joseph Kabila poursuit ainsi la tournée qu’il a entreprise dans l’espace kasaïen et qui lui a permis de palper du doigt la situation sécuritaire à Kananga, chef-lieu du Kasaï central, et à Mbuji-Mayi, chef-lieu du Kasaï Oriental, où les violences attribuées aux miliciens Kamuina Nsapu ont causé de nombreuses pertes en vies humaines et obligées des milliers de fils de cette partie du pays à trouver refuge en brousse. Une vingtaine de milliers de nos compatriotes ont même traversé la frontière angolaise pour aller se réfugier à Lunda Norte. Cette visite de Joseph Kabila à Tshikapa, note encore 7 sur 7, entre dans le cadre de la recherche des solutions durables susceptibles de ramener la paix dans l’espace kasaïen et de mettre fin au calvaire des déplacés. »

Pas un mot de cette visite dans le quotidien kinois Le Potentiel. Le Potentiel qui s’insurge dans son éditorial contre les récentes évasions massives de prisonniers à Kinshasa, Béni, Kasangulu, Muanda ou encore Kalemie. « Ces évasions annihilent tous les efforts de l’appareil judiciaire congolais, dénonce le quotidien congolais. Des milliers de criminels, dont des bandits de grands chemins, des violeurs et des assassins sont désormais en liberté dans la nature. […] Ces dernières évasions sont de trop. Le gouvernement doit assumer ses responsabilités, s’exclame encore Le Potentiel, et exiger la démission du ministre d’État en charge de la Justice qui n’a tiré aucune leçon de l’évasion à la prison de Makala, où plus de 4 000 détenus se sont évanouis dans la nature. »

Sur les lieux du crime…

La visite de Kabila au Kasaï est en revanche largement commentée par la presse ouest-africaine…

« Kabila sur les lieux du crime », lance ainsi L’Observateur Paalga au Burkina. Cette visite, note le journal, « intervient en effet au moment où la communauté internationale exige la formation d’une commission d’enquête indépendante sur les massacres dans le Kasaï et le meurtre des deux experts onusiens qui enquêtaient dans la région précisément sur le sujet. Et si les autorités de Kinshasa se disent ouvertes à une telle éventualité, elles veulent toutefois en garder la direction pour être sûres que les conclusions iront dans le sens qu’elles voudront bien lui donner. Elle intervient également, note encore L’Observateur Paalga, alors que RFI diffuse une enquête en 3 volets sur cette actualité. Une série de reportages qui pourrait enfoncer davantage le régime congolais. »

Pour Aujourd’hui, toujours au Burkina, « le président Kabila peut pavoiser : après avoir repris la main dans le bras de fer qui l’oppose au Rassemblement, il vient en père de la Nation, panser les plaies de ses enfants meurtris. Dans ce Kasaï, fief de l’opposant historique, Etienne Tshisekedi, lui, Kabila est vu comme l’enfant prodigue. Qui a dit qu’il n’y a pas du mobutuesque dans Kabila Junior ? A l’évidence, pour bien marquer les esprits, après avoir pris sa carte d’électeur à Kinshasa, il y a une dizaine de jours, suivi d’un bain de foule accompagné des présidents de la CENI et du parlement, le voilà au Kasaï pour faire acte de précampagne. »

Kinshasa va-t-il rendre des comptes ?

Pour Ledjely.com en Guinée, c’est le pyromane qui vient éteindre l’incendie… « Si Joseph Kabila a vraiment envie de se donner bonne conscience, il commencerait par laisser se mettre en place une commission d’enquête indépendante pour que l’on sache qui a joué quel rôle dans cette boucherie humaine dans le Kasaï. »

Ledjely qui accuse le président congolais d’avoir fait assassiner l’été dernier, Jean-Prince Mpandi, le chef de la milice des Kamuina Nsapu et d’avoir orchestré la campagne de violences qui a suivi dans le Kasaï. « Kinshasa devra répondre de l’indigne comportement que son armée et ses services de sécurité ont eu dans la gestion de cette crise, estime le site guinéen. Les exécutions sommaires, les charniers et les images de soldats congolais posant, tout sourire, au côté du corps de leur victime, voilà qui n’est pas digne d’une armée et de services de sécurité qui se veulent républicains. »

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