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Aujourd'hui l'économie

La Grande Barrière de corail, un patrimoine inestimable ?

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En 2016, un tiers des coraux ont été détruits en eaux de surface à cause de la hausse des températures des eaux. De rose orangé, ils ont viré au blanc intégral, la couleur signalant leur dépérissement.
En 2016, un tiers des coraux ont été détruits en eaux de surface à cause de la hausse des températures des eaux. De rose orangé, ils ont viré au blanc intégral, la couleur signalant leur dépérissement. © Richard Ling/Creative Common

On connaît désormais la valeur de la Grande barrière de corail : la fondation australienne Reef a fait évaluer l'impact économique de ce joyau en péril.

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Voyant qu'elle n'arrivait pas à toucher la conscience environnementale des dirigeants australiens, cette fondation a eu l'idée de faire appel à leur sens aigu des intérêts économiques nationaux. Ils ont donc demandé à un cabinet indépendant, Deloitte, d'évaluer la contribution à la richesse nationale de ces 2 300 kilomètres de côte et de leur trésor sous-marin.

La Grande Barrière génère bon an, mal an, 38 milliards d'euros de revenus. La moitié à travers le tourisme. Cela représente 65 000 emplois. Autant que chez BHP Billiton, le géant australien des mines, numéro un mondial du secteur ; son chiffre d'affaires est certes inférieur, mais tout à fait comparable à celui d'une grosse compagnie mondialisée.

La Grande Barrière de corail est aujourd'hui menacée entre autres par un nouveau projet minier.

L'Indien Adani est en train de chercher le financement pour ouvrir le plus grand complexe minier d'Australie dans l'Etat du Queensland. Le charbon extrait devrait alimenter des centrales indiennes pour fournir de l'électricité à une centaine de millions d'habitants. La fondation Reef -reef pour corail, a opportunément diffusé son étude après cette annonce en expliquant que la Grande barrière elle aussi vaut son pesant d'or, et qu'elle fait partie des entités « Too big too fail », « Trop importante pour faire faillite ». Une expression devenue un mantra en 2008 pour sauver les grandes banques américaines dans la débâcle.

Les barges transportant le charbon seront chargées dans un port très proche du site inscrit au patrimoine mondial de l'humanité.

Leur circulation à proximité des coraux aura bien sûr un effet négatif sur l'environnement. Mais c'est surtout la combustion du charbon extrait qui est en cause. Elle va accélérer le réchauffement climatique. L'un de grands responsables de la destruction des coraux. En 2016, un tiers des coraux ont été détruits en eaux de surface à cause de la hausse des températures des eaux.

Ce coup de chaud a été fatal aux algues émises par les coraux pour se nourrir ; de rose orangé, ils ont viré au blanc intégral, la couleur signalant leur dépérissement. Ils peuvent se régénérer lentement à condition que l'eau se refroidisse mais avec les fortes chaleurs observées cette année, ce scénario optimiste s'éloigne de jour en jour. En moins de vingt ans, la Grande barrière en est à son quatrième blanchissement.

Les arguments économiques de la fondation ont-ils convaincu les autorités ?

Le projet minier qui va créer quelques milliers d'emplois n'est pas remis en cause par l'Etat du Queensland. Le gouvernement se défausse en affirmant qu'en cas d'abandon l'Inde se tournera vers un autre fournisseur. Pour préserver le site, une taxe sur les visites touristiques est à l'étude. La stratégie de la Fondation n'a donc pas été très efficace.

« Donner un prix à un bien inestimable et surtout irremplaçable est une fausse route », mettent en garde certains écologistes. Car le recours au marché, à l'économie ne peut pas tout résoudre, une conscience politique et le courage qui va avec sont plus utiles pour prendre la bonne décision.

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