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Le génocide de 1995 divise toujours la Bosnie-Herzégovine

Audio 04:04
Les femmes prient près des cercueils de leurs proches, victimes nouvellement identifiées du massacre de Srebrenica de 1995, qui sont alignés pour un enterrement commun à Potocari près de Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, le 11 juillet 2017.
Les femmes prient près des cercueils de leurs proches, victimes nouvellement identifiées du massacre de Srebrenica de 1995, qui sont alignés pour un enterrement commun à Potocari près de Srebrenica, en Bosnie-Herzégovine, le 11 juillet 2017. REUTERS/Dado Ruvic

La petite ville de Srebrenica commémore aujourd’hui le 22e anniversaire du génocide, durant lequel plus de 8—000 hommes bosniaques ont été massacrés par les milices serbes de Bosnie-Herzégovine. Une journée du souvenir qui alimente encore et toujours les tensions entre les dirigeants nationalistes des différentes communautés du pays.

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Les célébrations devraient comme à l’habitude rassembler plusieurs dizaines de milliers de personnes à Potocari, un village à proximité de Srebrenica, où se trouve l’immense mémorial qui rassemble les corps des victimes du génocide. Mais cette année, une autre manifestation devrait également se tenir à Banja Luka, la capitale de la Republika Srpka, l’entité serbe du pays.

Une petite organisation nationaliste serbe a en effet appelé à un rassemblement en soutien de Ratko Mladic, l’ancien chef militaire des serbes de Bosnie-Herzégovine, actuellement jugé au Tribunal pénal international pour génocide et crimes contre l’humanité. Le 14 juillet 1995, le général Mladic s’était rendu à Srebrenica, que ces hommes avaient investi, assurant que tous les prisonniers auraient la vie sauve. En réalité, les massacres avaient déjà commencé.

La grande majorité des Serbes de Bosnie-Herzégovine veulent, avant tout, tourner la sombre page des guerres des années 1990 et souhaiteraient vivre dans un Etat qui leur offre le moyen de vivre décemment de leur travail, plutôt que d’émigrer massivement à l’étranger. Cette manifestation sert en réalité les intérêts des hommes politiques de toutes les communautés, qui se maintiennent au pouvoir depuis plus de 20 ans en agitant les peurs identitaires et les fantômes des années 1990.

Début juin, le président de la Republika Srpska, Milorad Dodik, a par exemple annoncé que les manuels scolaires édités à Sarajevo, et qui évoquent le génocide de Srebrenica et le siège de Sarajevo, seraient désormais interdits en Republika Srpska. Une position qui consolide les positions des dirigeants bosniaques et croates, qui peuvent à leur tour mobiliser leurs communautés respectives. Dragan Čović, le chef du principal parti croate de Bosnie-Herzégovine réclame ainsi, avec de plus en plus d’insistance, la création d’une troisième entité sur les territoires occupés par les forces croates à la fin des combats, en 1995.

Des corps non-indentifiés, des plaies non refermées

Les restes de 71 victimes du massacre récemment identifiées vont être ensevelis à Potocari, mais 1 500 autres ne le sont toujours pas. Les corps de ces hommes reposent dans des charniers qui n’ont pas encore été localisés.

L’association des mères de Srebrenica a cependant obtenu une victoire symbolique le 27 juin dernier, au terme d’une procédure judiciaire engagée en 2007. La justice néerlandaise a en effet reconnu l’Etat des Pays-Bas « partiellement » responsable de la mort de 350 hommes, que les casques bleus néerlandais, chargés de la protection de l’enclave, avaient expulsé de leur base le 13 juillet 1995. « La Cour condamne l’Etat néerlandais à verser une compensation partielle » aux familles des victimes, a déclaré la juge en charge du dossier.

De leur côté, plus de 200 anciens casques bleus demandent des dommages et intérêts au gouvernement pour les avoir envoyés à Srebrenica remplir « une mission irréaliste, dans des circonstances impossibles ». On le voit, les plaies du massacre ne sont pas prêtes de se refermer.

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