Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une: sous les feux d’une certaine justice

Audio 04:16
Moïse Katumbi.
Moïse Katumbi. REUTERS

Publicité

Moïse Katumbi tout d’abord… Le tribunal de grande instance de Lubumbashi a de nouveau convoqué l’ancien gouverneur du Katanga pour une audience publique ce mercredi matin dans un procès en appel dans l’affaire de spoliation immobilière, qui lui a valu 3 ans de prison en juin 2016.

« Ce nouveau round judicaire s’ouvre dans un contexte politique très tendu, relève le site d’information congolais Cas-Info. Toujours en exil, Moïse Katumbi ne sera probablement pas devant les juges. Mais la ville de Lubumbashi, elle, vibre déjà au rythme de la présence des plus hauts représentants du pays, et non des moindres : le ministre de le Justice Alexis Thambwe Mwamba et le chef de l’État, Joseph Kabila, arrivé hier. Une double présence qui fait peser un climat lourd sur un dossier déjà compliqué, pointe le site congolais. Moïse Katumbi considère sa condamnation et les poursuites engrangées à son encontre comme une manœuvre politique visant à l’écarter de la course présidentielle. En juin dernier, rappelle Cas-Info, il avait obtenu un soutien du Comité des droits de l’Homme de l’ONU, censé lui permettre de rentrer au pays. Mais sans les garanties des autorités congolaises, le candidat du G7 continue à patienter à l’étranger. »

« Cette fois-ci la justice va-t-elle laver son affront, en disant réellement le droit ? », s’interroge Le Potentiel à Kinshasa. « Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo avaient conclu que le dossier était vide, creux…, rappelle le quotidien kinois. Pire, il sent l’odeur des manœuvres politiciennes. Et, par conséquent, il devrait être purement et simplement clos et classé. D’ailleurs, la juge qui l’avait instruit en son temps avait fait des révélations graves et scandaleuses sur les pressions qu’elle avait subies de la part de haute hiérarchie. Mais la tricherie a la peau dure, soupire Le Potentiel. Ceux qui tiennent à s’offrir la tête de Katumbi ne désarment pas. Quelle stratégie vont-ils peaufiner cette fois ? »

Deplus en plus hostile à la critique…

Sous les feux d’une certaine justice encore, le journaliste Baba Alpha… « Décidément, il ne fait pas bon être journaliste au Niger, pays de Mahamadou Issoufou, s’exclame Le Pays au Burkina. C’est le moins que l’on puisse dire, après la condamnation du journaliste Baba Alpha à deux ans de prison ferme, assortie d’une amende de 300 000 F CFA. En effet, arrêté au début du mois d’avril à son domicile, Baba Alpha a été reconnu coupable de " faux et usage de faux en écriture publique ", notamment dans l’établissement de ses pièces d’état civil nigérien, alors que lui et son père sont d’origine malienne. A priori, comme le clame le pouvoir nigérien, le journaliste a été condamné pour un délit de droit commun. Mais il pourrait avoir payé pour ses prises de position tranchées vis-à-vis du pouvoir de Mahamadou Issoufou qui, il faut le dire, se montre de plus en plus hostile à la critique. […] On se rappelle, en effet, que fin juin, le journaliste Abdoul Ousmane Moumouni avait été condamné à 6 mois de prison avec sursis, pour avoir traité le gouvernement nigérien "d’incapable " face à la menace terroriste de Boko Haram. Et la liste ne s’arrête pas là… »

Et Le Pays de s’interroger : « jusqu’où se déroulera le rouleau compresseur du pouvoir ? En tout cas, on a envie de se demander si le Niger n’est pas en train de se gondwaniser. »

Un prix pour Ahmed Abba

Enfin, toujours sous les feux d’une certaine justice, notre confrère Ahmed Abba… Ahmed Abba, correspondant de RFI au Cameroun, a été, faut-il le rappeler, condamné à 10 ans de prison par un tribunal militaire pour avoir porté atteinte à la sécurité du pays. Sa culpabilité n’a jamais été prouvée.

Petit réconfort : hier, une ONG américaine de défense de la liberté de la presse a décerné son prix annuel à Ahmed Abba.

Commentaire du quotidien Aujourd’hui à Ouaga : « il reste maintenant à espérer que ce prix n’aura pas qu’un impact psychologique et moral. Il doit peser sur la balance pour ouvrir les portes de la prison d’Ahmed Abba. On ne reçoit pas de prix si l’on est un fieffé terroriste. On ne reçoit pas de prix de la liberté si on écorne celle des autres. On ne reçoit pas un prix de la liberté si on ne mène pas une lutte juste et fondée. La véritable conséquence de cette distinction doit jouer sur les serrures de la prison d’Ahmed Abba. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.