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Afrique économie

Kenya: les groupes de grande distribution en difficulté

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En l'espace de quelques mois, la success story  de la plus célèbre enseigne de supermarchés au Kenya a tourné au cauchemar, la dette de Nakumatt est évaluée à, au moins, plusieurs dizaines de millions de dollars.
En l'espace de quelques mois, la success story de la plus célèbre enseigne de supermarchés au Kenya a tourné au cauchemar, la dette de Nakumatt est évaluée à, au moins, plusieurs dizaines de millions de dollars. ©Riccardo Gangale/Getty Images

Au Kenya, les principales enseignes de la grande distribution sont en difficulté. Uchumi, et surtout Nakumatt, sont endettés auprès de leurs fournisseurs, et peinent à remplir leurs magasins qui se vident de leurs clients. Les supermarchés kényans, qui ont connu une expansion fulgurante ces 10 dernières années en pariant sur le développement de la classe moyenne subissent aujourd'hui une concurrence accrue, ainsi que les conséquences de leur développement trop rapide.

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Sophie sort d'un supermarché Nakumatt situé dans un grand centre commercial de Nairobi, les mains vides.
« En ce moment, c'est vraiment problématique. Je suis venue pour acheter du papier toilette, du bœuf, et puis du chocolat pour mes enfants, mais je n'ai rien trouvé… »

En l'espace de quelques mois, la success story du plus célèbre supermarché kényan a tourné au cauchemar. Ces 20 dernières années pourtant, Nakumatt avait ouvert près de 70 enseignes en Afrique de l'Est, dans des locaux toujours plus grands.

Macy, la quarantaine, était une cliente fidèle : 
« D'abord, c'était eux qui offraient le meilleur service et puis avant, vous pouviez tout trouver, vraiment presque tout, que ce soit en grosse ou en petite quantité. »

Aujourd'hui, la dette de Nakumatt est évaluée à, au moins, plusieurs dizaines de millions de dollars et cinq magasins ont déjà fermé leurs portes au Kenya et en Ouganda.

Une crise aux facteurs multiples explique Andrew Dixon, directeur marketing chez Nakumatt.
« Il y a le ralentissement de la croissance alliée au développement rapide de l'entreprise ces dernières années. Et puis d'autres problèmes liés à la fermeture de certains magasins, à du vol, et au terrorisme. »

Les analystes, eux, pointent des problèmes de gestion dans le développement de la chaîne, mais surtout une concurrence accrue entre les nombreux supermarchés kényans d'abord, mais aussi avec l'arrivée des marques étrangères. Carrefour et Walmart ont récemment fait leur entrée sur le marché. Le tout dans un contexte où la classe moyenne kényane privilégie encore les commerces de proximité, explique Julien Garcier, directeur de la société Sagaci Research.

« Quand on regarde le portefeuille total des ménages kényans, la grande distribution représente 10%. C’est peut-être faible, mais c’est beaucoup plus élevé que dans d’autres pays. La fameuse classe moyenne dont on parle, elle va aller au supermarché de temps en temps pour acheter quelques produits mais elle va continuer à acheter en masse ses produits en bas de chez elle, car la clientèle au Kenya n’a pas forcément de voiture, elle n’a pas les moyens de faire du stop. La transition vers une économie entièrement basée sur la distribution moderne va prendre du temps. »

Le futur reste donc incertain pour Nakumatt qui vient de s'engager dans un vaste plan de refinancement. La direction prévoit l'entrée d'un investisseur étranger dans le capital de la société d'ici la fin du mois de juillet.

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