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Le fonds Helios à l’assaut de l’Afrique

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Crée en 2004 par deux financiers nigérians, Tope Lawani et Babatunde Soyoyé, Helios ne se contente pas de placer de l’argent. Le fonds accompagne et développe les entreprises dans lesquelles il investit.
Crée en 2004 par deux financiers nigérians, Tope Lawani et Babatunde Soyoyé, Helios ne se contente pas de placer de l’argent. Le fonds accompagne et développe les entreprises dans lesquelles il investit. ©Helios

Le fonds d’investissement Hélios vient de racheter les activités engrais du groupe français Louis Dreyfus Company pour le marché Africain. Une activité qui représente trois cents millions de dollars de chiffre d’affaires. Helios est un fonds créé par des Africains pour investir sur le continent. Lancé en 2004, Il pèse aujourd’hui trois milliards de dollars. C’est une réussite unique en son genre. Et une ambition qui s’affirme de jour en jour. Coup de projecteur sur ces financiers africains.

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Zineb Abbad El Andaloussi est marocaine, Souleymane Ba est sénégalais. Tous deux occupaient des postes de haut niveau dans la finance internationale. L’une chez Rothschild et l’autre chez Morgan Stanley. Mais un jour, ils ont quitté ces banques prestigieuses pour entrer chez Hélios.

Zineb Abbad El Andaloussi : « Après ce début de carrière chez Rothschild, j’ai décidé de m’occuper de l’Afrique parce j’y ai passé une partie de mon enfance et j’ai vraiment l’ambition d’aider l’Afrique et les Africains à avoir et à maîtriser les outils de leur développement ».

C’est la même ambition de travailler au développement de l’Afrique qui a guidé Souleymane Ba : « Quand j’ai demandé des conseils, tout le monde m’a dit que le groupe Hélios est incontournable en Afrique, que c’est vraiment la plateforme qui a été créée par les Africains et que le fait qu’ils ont une approche dans la durée, est une chose unique sur le continent ».

Ces financiers ne sont ni des philanthropes ni des travailleurs humanitaires. Leur objectif est de drainer les capitaux internationaux dans des projets en Afrique pour y créer de la richesse et des emplois. Helios a ainsi à son actif le succès de la banque kényane, Equity Bank.

Zineb Abbad El Andaloussi : « Quand on a investi en 2007 dans Equity Bank, la part de marché était de 7%, nous les avons aidés à croître et à se développer et aujourd’hui, le groupe a 50 % de part de marché localement. On les aide également à se développer dans d’autres pays. Equity Bank était uniquement au Kenya, aujourd’hui, elle est dans 6 pays africains. Equity Bank est citée parmi les modèles de banques actuellement les plus rentables dans le monde. »

Créé en 2004 par deux financiers nigérians, Tope Lawani et Babatunde Soyoyé, Helios ne se contente pas de placer de l’argent. Le fonds accompagne et développe les entreprises dans lesquelles il investit.

Souleymane Ba : « C’est vraiment un fonds pionnier en Afrique, soutenu par des institutions internationales comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Et notre vision c’est créer des champions panafricains qui vont unir le continent. »

Les financiers d’Helios ciblent certains secteurs jugés les plus rentables, l’énergie, la banque, les télécoms et l’agriculture. Car au-delà de l’ambition proclamée qui est de changer l’Afrique, les impératifs financiers demeurent. Les capitaux américains ou européens drainés par Helios exigent des dividendes. Le premier fonds d’investissement entièrement africain n’a pas le droit à l’erreur.

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