Revue de presse française

A la Une: le trop-plein de touristes

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Kiosque à journaux.
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Photo quasi oppressante à la Une de La Croix : une foule agglutinée sur la Place Saint-Marc à Venise, le nez en l’air ou en train de prendre des photos. « Tourisme, comment éviter le trop-plein », titre le journal, qui présente des solutions face aux « ravages » du tourisme de masse en Europe. Ainsi Les Baux-de-Provence, dans le sud de la France, qui veulent faire revenir des habitants, empêcher la ville de se muséifier. Ainsi les Iles Sanguinaires, en Corse, où l’on tente de sauver la faune et la flore, avec une promenade sur le littoral. Ainsi, Lisbonne, au Portugal, où les associations de quartier se mobilisent. Ainsi les villages de Ligurie, en Italie, avec une carte de transports solidaire. On peut apparemment limiter les dégâts. Un universitaire spécialiste du tourisme, interrogé par La Croix, évoque les problèmes de déchets, de consommation d’eau dans les zones ultra-touristiques. Mais dit-il en substance, quand le développement est au rendez-vous, les choses ne vont pas si mal. « Certains prédisaient la déchéance de la Côte d’Azur, elle se porte toujours très bien ». « Une question de volonté politique », nous dit l’éditorial du journal. « Mais aussi notre affaire à nous tous, touristes d’un jour ou d’un mois. Il y a des offres alternatives, où l’on rencontre des habitants, où l’on prend garde à notre empreinte carbone, où l’on accepte de payer plus cher des logements de manière régulière ».

Airbnb esquive le fisc

A l’heure des congés d’été, l’on reparle justement de l’entreprise qui a révolutionné les vacances de millions de personnes, et surtout de sa fiscalité : « Airbnb, gros business, petits impôts », titre Le Parisien Aujourd’hui en France. Alors que la France est le 2e marché au monde pour le site d’hébergement, il n’a versé au fisc l’an dernier que 92 944 euros. « A peine une obole. Une goutte d’eau » au regard du chiffre d’affaires de la société américaine. « Décalage troublant ». Airbnb est passé « maître dans l’art de jongler avec les différentes législations » nationales. Un problème à régler à l’échelle européenne, explique le journal, qui rappelle un des engagements de campagne d’Emmanuel Macron : lutter contre l’optimisation fiscale menée par les géants d’internet. Et Le Parisien a une explication à la prudence des autorités : « la crainte de représailles économiques américaines semble pour l’instant refroidir les velléités françaises ».

Macron et ses ministres

Le chef de l’Etat dirige ses ministres, à la baguette ! C’est un peu ce que dit Le Figaro, qui parle plus sobrement d’un « management présidentiel exigeant ». Et qui appuie son raisonnement sur des exemples vécus. Avec Emmanuel Macron, mieux vaut surveiller son portable après minuit. Il n’est pas rare de recevoir un appel vers 1 ou 2 heures du matin. C’est arrivé à Nicolas Hulot début juillet. Echanges directs, sans intermédiaire, qui ne doivent jamais s’arrêter. Le Président ne dort que quatre heures par nuit. Méthode exigeante, parfois épuisante pour les ministres, qui s’inspire d’après le Figaro de la culture d’entreprise, du privé. Un esprit d’équipe qui se traduit aussi par de la solidarité dans l’épreuve. Ce qui n’empêche pas la franchise. Pas de pincettes diplomatiques avec le premier cercle. Et Le Figaro cite un élu : « les gens qu’Emmanuel Macron paie, il les enguirlande plus facilement ». Les ministres qui seront en vacances mercredi, on leur souhaite donc bien du repos.

Devoirs de vacances au PS

Libération de son côté s’inquiète pour le Parti Socialiste. « Le PS bouge-t-il encore ? », « le PS en phase de réanimation ». La photo de trois députés de la Nouvelle gauche, visages décomposés, illustre bien ce désarroi. Le parti réduit à 31 élus peine à exister et à trouver sa voie. La ligne politique n’est pas arrêtée. « Nul n’imaginait il y a un an que le PS se retrouverait au même niveau que ses cousins grec et espagnol. De ce champ de ruines, peut-il émerger une force nouvelle, un projet, un homme ou une femme providentielle ? » Pour l’heure, soupire Libé, c’est morne plaine. La jeunesse socialiste, historiquement motrice, est aussi perdue que la direction du parti. Devoirs de vacances pour les 28 membres de la direction collégiale : préparer le séminaire de la fin du mois d’août à Paris, qui remplacera la traditionnelle université d’été de La Rochelle.

La foudre et les fauves

L’Equipe revient naturellement sur le coup de tonnerre du week-end : la défaite d’Usain Bolt sur le 100 mètres aux mondiaux d’athlétisme, et la victoire de l’ex-dopé Justin Gatlin. « L’athée se pince le nez », titre le quotidien sportif. « La victoire de l’ancien banni sur l’iconique néo-retraité sème le trouble ». Et cela, malgré les beaux efforts d’apaisement des deux protagonistes. Sur une large photo, visage fermé de la foudre jamaïcaine qui venait de recevoir sa médaille hier soir. Cérémonie pas des plus joyeuses, note l’Equipe. Bolt dégainera son joker, le relais 4x100 mètres pour finir sa carrière sur une note plus festive. En attendant, le journal a tranché : « le plus grand athlète de l’Histoire a bel et bien raté ses adieux individuels ». Morale de l’histoire : « il sera toujours plus facile de faire ses adieux au music-hall qu’au sport de très haut niveau. Et pour triompher une dernière fois sans être parfaitement prêt, mieux vaut organiser son jubilé entre copains que d’affronter en finale mondiale sept fauves assoiffés de 100. »

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