Revue de presse Afrique

A la Une: le Kenya retient son souffle

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a Nairobi, le jour commence à se lever, mais la file d’attente devant les bureaux de vote ne rétrécit pas.
a Nairobi, le jour commence à se lever, mais la file d’attente devant les bureaux de vote ne rétrécit pas. REUTERS/Siegfried Modola

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Déjà en pleine nuit, les premières photos des files d’attente devant les bureaux de vote pour ces élections générales au Kenya. Certains sont arrivés dès 3 heures du matin. Les premières opérations, dans le froid et sous la pluie, comme nous le montrent les clichés publiés par Kenya Todayou The Star. Ce journal rappelle qu’un quart des électeurs vote pour la première fois. Les jeunes détiendraient la clé du scrutin. La presse n’oublie pas qu’un électeur sur deux n’a pas encore 35 ans.

Impatience des électeurs, alors que, explique le Daily Nation, le monde a ses yeux braqués sur le Kenya et ces élections générales. Bien plus, dit-il, par exemple que sur le scrutin de vendredi dernier au Rwanda. A cause de la position stratégique du Kenya en Afrique de l’Est, à cause des investissements étrangers, du fait de la présence de nombreux sièges de multinationales.

« L’ignominie » de 2007

Les appels à un vote massif sont d’ailleurs relayés dans la presse kenyane. « Why you must vote today ? (Pourquoi vous devez aller voter ?) » : c’est le titre d’un article du Standard, qui parle d’un « moment de vérité ». « Sortez de chez vous, exercez vos droits démocratiques, choisissez les dirigeants qui vont propulser le Kenya vers la postérité ». Oui affirme l’édito, face à la corruption, aux gaspillages et au pouvoir personnel, « votre choix va compter. Votez sagement, votez paisiblement, pour éviter à tout prix », conclut The Standard, « l’ignominie » des violences postélectorales de 2007.

Ces craintes sont exprimées par d’autres journaux du continent. Ledjely.com évoque ainsi le « spectre de ce passé récent » qui pourrait hanter le pays. Le site d’information guinéen parle d’un engagement politique qui « obéit à des considérations ethniques ». Une dure réalité découverte il y a 10 ans, ce qu’il y a de plus inquiétant, d’après Ledjely. L’assassinat il y a une semaine de l’informaticien de la Commission électorale justifie les appréhensions. Pourvu, conclut l’article, que cette journée tant redoutée soit une réussite démocratique, aussi bien pour le Kenya que pour l’Afrique tout entière.

Inquiétude relayée également dans les colonnes du Pays, le journal burkinabè pense que dans ce scrutin sont réunis les « ingrédients d’une déflagration sociopolitique ». Il pense que la Cour pénale internationale doit se donner les moyens d’intervenir, le cas échéant, en cas de troubles.

Volcan en fusion

Ce même journal suit de près la situation en République démocratique du Congo, avant les deux journées villes mortes, organisées par l’opposition. Cet appel à la paralysie de la RDC est un « test grandeur nature », l’opposition doit réussir « pour ne pas subir les quolibets du camp présidentiel ». « Il en faudra plus pour inquiéter Joseph Kabila », estime néanmoins l’éditorial du Pays.

Le journal pense que le difficile contexte économique va faire hésiter les Congolais. Il pense aussi qu’un appel à la désobéissance civile, ne pas payer impôts et factures pourrait être plus efficace pour « étouffer les velléités de pouvoir à vie » de Joseph Kabila. La RDC, « un volcan en fusion qui finira par exploser », s’alarme par ailleurs l’Observateur Paalga qui cite les différentes crises que connaît le pays en ce moment. « C’est à se demander si dans ce bateau pris dans la tempête il y a toujours un capitaine. Celui qui en tient lieu n’a qu’une obsession, s’agripper au gouvernail même si le navire doit se fracasser ».

Laver son linge en public

La presse sud-africaine est tournée vers le vote attendu au Parlement : la motion de défiance contre le président Jacob Zuma accusé de corruption. « We want to know who has fingers in the pie ». Traduisez : nous voulons savoir qui a les doigts dans la confiture. Voilà le titre d’un article du Cape Times, qui s’inquiète de ce vote à bulletins secrets. « Les citoyens et les contribuables ne sauront jamais qui a voté contre la présidence, et encore pire, qui a décidé de la maintenir ».

Quoi qu’il arrive, prévient par ailleurs le Mail and Guardian, l’ANC, le parti au pouvoir sera perdant. Soit il offre l’amnistie à Zuma et il fera face à la colère de la population. Soit il ne le fait pas, et le parti historique en Afrique du Sud fera face à un procès, laverait son linge en public, un linge « extraordinairement sale », d’après le journal.

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