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Revue de presse Afrique

A la Une: consternation à Ouagadougou, questions au Sahel

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Des secouristes transportent une victime de l'attaque au café Aziz-Istanbul, ce lundi 14 août à Ouagadougou.
Des secouristes transportent une victime de l'attaque au café Aziz-Istanbul, ce lundi 14 août à Ouagadougou. REUTERS/Bonaventure Pare

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Sur le site Fasozine, témoignage d’un jeune homme, chargé de garer les véhicules près du restaurant. Le premier coup de feu, la panique, il s’écroule, se relève, se réfugie de l’autre côté de la rue. Il est blessé aux mains. L’un des terroristes avait « le teint clair », l’autre, « le teint noir » il dit qu’il n’a « rien compris ».

Témoignage d’une mère, qui cherche son fils canadien d’origine algérienne. Il aurait été blessé par balles. Sur le site Faso.net, elle dit avoir fait le tour des hôpitaux, de la morgue. En vain. Elle montre sur son téléphone, la photo de son fils.

Faso.net raconte le défilé des proches, des pompes funèbres, de la police scientifique, des ministres. « En ce 14 août 2017, l’avenue Kwamé Nkrumah a les mêmes allures que le 16 janvier 2016, au lendemain des attaques contre le restaurant Cappuccino, Hôtel Splendid et Taxi Brousse. »

Touchés en plein cœur

Les médias burkinabés décrivent tous la consternation à Ouagadougou.

Fasozine donne la parole à un étudiant, un enseignant, un secrétaire administratif, tous réclament davantage de sécurité. « Tristesse totale », nous disent deux autres habitants de la capitale interrogés par Jeune Afrique. « On ne sait pas où va le Burkina. Chaque fois, on vient tuer nos frères. Nous sommes touchés en plein cœur. »

« Consternation », c’est le mot employé aussi par le site Wakatsera.com qui décrit des personnes sous le choc. « Le peuple burkinabè n’arrive toujours pas à comprendre ce qui a subitement placé son pays dans le viseur des terroristes ». En espérant, poursuit Wakatsera, que le restaurant Istanbul « renaisse de ses cendres » comme l’a fait le Cappuccino, dévasté par « la furie d’hommes sans foi ni loi. »

Sentiment de déjà-vu

« Sanglant bégaiement », titre le journal Aujourd’hui au Faso. « C’est avec le même mode operandi que les terroristes ont endeuillé des familles et plombé un pays, qui déjà cherchait ses marques après une insurrection, un pouvoir transitoire et surtout après une première alternance civile depuis l’indépendance en 1960 ».

Les djihadistes « tirent sur une ambulance », estime aussi le journal Le Pays. Le Burkina Faso, durement frappé par une crise financière, tentait de « gagner la confiance » des investisseurs. Il est plus que jamais « urgent » d’acter la mise en œuvre de la force commune du G5 Sahel qui, jusque-là, n’existe « que dans les musettes militaires. » Même demande formulée par Aujourd’hui au Faso. « Le sang versé sera un ferment pour renforcer la cohésion et la lutte contre le djihadisme. Désormais, à Ouaga, comme à Bamako, Niamey ou à N’Djamena, il faudra apprendre à vivre avec cette menace diffuse. »

La presse rappelle en effet qu’il s’agit d’un combat international. La presse malienne en particulier, alors que des terroristes ont frappé hier à Douentza et Tombouctou. D’après Le Républicain, le Mali et le Burkina sont dans « l’œil du cyclone ». Mais le terrorisme frappe « indistinctement les enfants du Sahel et ceux de l’Occident ». Il frappe aussi bien à Bamako, à Ouagadougou ou Abidjan, qu’à New York, Paris ou à Bruxelles. Et le journal d’insister lui aussi sur les tentatives pour « mettre des moyens en commun » pour l’arrêter.

Catastrophe prévisible

Ce lundi 14 août aura décidément été une triste journée en Afrique de l’Ouest. « Apocalypse day », titre même Ledjely.com : les attentats, mais également la catastrophe en Sierra Leone. « Une tragédie-indicateur », selon le site guinéen. Indicateur de la pauvreté que vit ce pays pourtant riche en ressources naturelles. Après la guerre civile, une « croissance trompeuse ». Corruption aidant, elle est inégalement répartie. Les éboulements et les coulées de boue n’auraient donc « rien de surprenant. » Photos d’ailleurs impressionnantes dans la presse sierra-léonaise. On y voit des routes et des baraques de fortune totalement submergées, quelques corps dans la boue, et cette précision sur le site sierraexpressmedia : « les images les plus horribles n’ont pas été publiées… »

Le Kenya dans l’attente

Que va faire Raila Odinga ? Que va-t-il dire à ses partisans ce mardi ? Autant de questions que se posent les journaux du pays. The Standard liste les différentes options envisageables, de recours devant la Cour suprême, en passant par des « actions de masse » ou des discussions avec son adversaire. En attendant, nous dit le Daily Nation, beaucoup attendront « avec le souffle coupé ». L’opposant va tenter de persuader les sceptiques qu’il a bien été victime d’une injustice, mais il doit avancer « des preuves solides, pas des allégations ou des mensonges. »

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