Accéder au contenu principal
Bonjour l'Europe

Hongrie: un rapprochement controversé avec la Russie

Audio 03:23
La Hongrie serait le «cheval de Troie» de Poutine dans l'Union européenne.
La Hongrie serait le «cheval de Troie» de Poutine dans l'Union européenne. Reuters/Sergei Karpukhin

Aujourd'hui débutent les championnats mondiaux de judo à Budapest. Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, assiste à la cérémonie d'ouverture. A ses côtés, dans la tribune, Vladimir Poutine. C'est la première visite officielle du président russe à Budapest cette année.

Publicité

Vladimir Poutine est lui-même ceinture noire. Il est également président de la Fédération internationale de judo, qui l’a invité à Budapest. Il assiste à toutes les grandes compétitions. Il s’était même entraîné avec les judokas russes à Sotchi avant les Jeux olympiques. Il avait terrassé ses adversaires sur le tatami, devant les caméras. Tout cela faisant partie de la communication de Poutine, qui vise à montrer sa force et sa supériorité. Mais la visite d’aujourd’hui est également une visite politique. Vladimir Poutine aura un entretien avec Viktor Orban, et lors d’une cérémonie au parlement, il va recevoir un diplôme honoris causa (honorifique) d’une université hongroise.

Un rapprochement Hongrie-Russie ?

Viktor Orban, régulièrement épinglé par ses partenaires européens pour ses penchants autoritaires, est peu à peu lâché par ses alliés du Parti populaire européen au Parlement de Strasbourg. Seule une minorité de députés soutient désormais Orban. Ce dernier s’est rapproché du président russe dès 2010, avant d’entrer en conflit avec Bruxelles. Le Premier ministre hongrois joue un double jeu. Il ne dit pas qu’il est contre l’Union européenne et tient à y rester pour bénéficier des fonds européens. En revanche, il critique vivement les technocrates de Bruxelles. C’est un souverainiste qui prône une Europe des Nations, et non une Europe fédérale. Il est sur la même ligne que Marine Le Pen.

D’autre part, s’il cultive son amitié avec Poutine, Orban a bâti toute sa carrière sur le fait qu’il était anti-russe. Pourtant, il est devenu bien plus pragmatique depuis son retour au pouvoir, en 2010. La Hongrie importe en effet plus de la moitié de son gaz de Russie. Pour Viktor Orban, il est important que ce gaz ne soit pas trop cher, car l’énergie à prix réduit est une composante essentielle de sa politique. Cela lui assure une popularité constante depuis 2010.

L’opposition dénonce le rapprochement

Deux partis d’opposition ont protesté dans la rue hier soir et le feront aujourd’hui sur le thème : « Poutine, rentre chez toi ! » Ils critiquent Orban pour le contrat qu’il a signé avec le géant russe Rosatom, qui va agrandir la centrale nucléaire hongroise. Pas seulement pour des raisons écologiques, mais parce que le contrat est classé secret pendant 30 ans. Il y a des soupçons de corruption, car c’est un secret de polichinelle : quand on fait des affaires avec le régime de Poutine, certains transferts financiers se font en coulisses. L’opposition soupçonne aussi Orban de bénéficier de fonds occultes pour financer son parti.

Les députés écologistes hongrois ont aussi révélé que le consulat hongrois de Moscou avait vendu des visas Schengen à des citoyens russes comme des petits pains. 400 000 visas ont ainsi été délivrés entre 2008 et 2013, notamment à des proxénètes et des prostituées qui ont pu s’installer en Europe. L’opposition accuse le gouvernement Orban d’être le cheval de Troie de Poutine dans l’Union européenne. Les médias publics et privés détenus par Orban reprennent toujours la propagande du Kremlin.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.