Afrique économie

L’oignon du Pays Dogon, culture de rente malienne

Audio 02:18
Le plateau dogon et ses cultures d'oignons dans la région de Bandiagara, au Mali.
Le plateau dogon et ses cultures d'oignons dans la région de Bandiagara, au Mali. Xavier ROSSI/Gamma-Rapho via Getty Images

Comment se porte la filière de l’oignon Dogon, ce petit oignon fort en goût produit au pied de la falaise de Bandiagara en pays Dogon, au Mali ? Nutritif et totalement intégré dans les plats traditionnels, il s’exporte dans tout le pays mais aussi vers les pays voisins. Son prix augmente considérablement à cette période de l’année, Tabaski (Aïd el-Kebir) oblige.

Publicité

Un petit oignon à la chair blanche et au goût prononcé que l’on pourrait confondre avec une échalote c’est le trésor du pays Dogon :

« Ca couvre des hectares et des hectares, le spectacle est absolument magnifique. »

Xavier Mathias, maraicher bio en Touraine, garde un souvenir impérissable de ses voyages en pays Dogon :

« C’est une espèce d’énorme damier. Tout l’espace est valorisé. Pas un centimètre carré n'est perdu. »

A Bandiagara, « capitale » du pays Dogon, il découvre une véritable économie de l’oignon :

« Et c’est de là, du marché de Bandiagara que partent toutes les expéditions. C’est vraiment impressionnant, cette activité et le volume qui est brassé. Sur les camions on voit des sacs, et des sacs, et des sacs qui s’empilent. C’est vraiment la culture de rente. »

Contrairement aux autres producteurs d’oignons du Mali, les paysans dogons ne font pousser que des oignons. Ce qui permet de faire trois récoltes par an :

« Il n’y a que ça comme véritable économie depuis qu’il n’y a plus le tourisme. Bandiagara est en zone rouge, donc il n’y a plus de touristes. Les paysans de la région, qui pour nombre d’entre eux étaient devenus guides plus que paysans, sont vraiment retournés à leur savoir agraire. »

Ce légume de rente est une monnaie qui irrigue ensuite tout le Mali, à commencer par les marchés de Bamako. Bintou Guindo est présidente de l’interprofession de la filière échalote/oignon du Mali :

« Le marché aime beaucoup l’échalote ou l’oignon du plateau dogon. Les plats que les femmes préparent pour les fêtes demandent beaucoup d’oignons. »

Les fêtes justement : la fête du mouton, appelée Tabaski, aura lieu du jeudi 31 août au vendredi 1er septembre. A l’approche de l’évènement, les prix des produits alimentaires augmentent et tout particulièrement l’oignon, ingrédient de base des plats traditionnels :

« L’échalote se vend actuellement à 400 francs CFA, l’oignon à 450 francs CFA. Mais bientôt on pourra vendre de l’oignon à 650 francs CFA à l’approche des fêtes. »

Les fêtes mais aussi l’effet de soudure, ce n’est plus la saison de l’oignon qui explique une telle inflation et il n’y a pas qu’au Mali qu’il a du succès :

« Ça se vend ici au Mali, ça passe par le Burkina Faso, en Guinée, ça se vend au Liberia et même les produits transformés de l’échalote vont jusqu’en l’Italie. »

De Bandiagara jusqu’en Europe sous différentes formes, en vrac, séchés ou en biscuits, le maraîcher Xavier Mathias ramène de ses voyages des bulbes pour essayer de faire pousser cette variété loin du soleil malien.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail