Bonjour l'Europe

Catalogne: l'attentat de Barcelone n'a pas apaisé les tensions avec Madrid

Audio 02:30
Carles Puigdémont, le chef de l’exécutif catalan affirme que « le référendum est plus que jamais irréversible ».
Carles Puigdémont, le chef de l’exécutif catalan affirme que « le référendum est plus que jamais irréversible ». REUTERS/Albert Gea

On aurait pu penser que les attentats de Barcelone, le 17 août dernier, apaiseraient la tension entre le pouvoir central et la Catalogne, dont l’exécutif veut organiser un référendum d’autodétermination le 1er octobre. Or, c’est l’inverse qui s’est produit.

Publicité

avec notre correspondant à Madrid, François Musseau

Alors qu’on ne cesse de parler d’unité depuis le 17 août, l'affrontement entre Madrid et Barcelone est à son paroxysme. Front unitaire, union sacrée, réponse collective et nationale contre l’horreur et la barbarie du djihadisme: ce sont les mots et les formules utilisées par les politiques pour donner le sentiment aux Espagnols qu’on parle à l’unison aux terroristes. Mais, ce n’est pas le cas.

On a pu le voir lors de l’immense manifestation à Barcelone, samedi dernier. cela devait être un cri unitaire. or d’innombrables slogans contre le roi, contre le chef du gouvernement national Mariano Rajoy ont été lancés, de même que  d’innombrables slogans en faveur de l’indépendance de la Catalogne.

Pas de bonne coordination entre Madrid et Barcelone ?

Officiellement, oui il y a eu une bonne coordination mais concrètement, ce ne fut pas le cas. La police catalane, qui a beaucoup de pouvoirs certes, s’est présentée comme si elle était la police non d’une région, mais d’un Etat. Le ministre de l’Intérieur catalan a distingué les victimes espagnoles et catalanes. Et à Madrid comme à Barcelone on s’accuse de ne pas avoir partagé l’information cruciale venue de Belgique selon laquelle l’imam Abdelbaki es Satty, le cerveau de la tuerie était cité comme un « sujet dangereux »

Un mois avant le référendum d’autodétermination

Carles Puigdémont, le chef de l’exécutif catalan, a affirmé que le référendum est « plus que jamais irréversible », précisant même que son gouvernement a acheté 7000 urnes. Il a également déclaré que si le référendum penche en faveur du « oui » à l’autodétermination, il se donne une trentaine de jours avant de négocier avec Madrid « une indépendance en douceur », ce sont ses propos.

A Madrid, tout cela est perçu comme proprement inacceptable. Le Premier ministre Mariano Rajoy emploiera tous les moyens pour interdire cette consultation anticonstitutionnelle, martèle-t-il. En l’état actuel des choses, s’il n’y a pas un dialogue prompt entre le pouvoir central et le pouvoir catalan, on peut s’attendre à tout.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail