Chronique des médias

Un si petit monde

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L'ancien Premier ministre et actuel sénateur LR Jean-Pierre Raffarin sera chroniqueur dans la nouvelle émission de Laurent Delahousse, sur France 2.
L'ancien Premier ministre et actuel sénateur LR Jean-Pierre Raffarin sera chroniqueur dans la nouvelle émission de Laurent Delahousse, sur France 2. CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Cette semaine dans la Chronique des médias, la rentrée des chaînes de TV et de radio en France qui est marquée par une nouveauté : l’arrivée de chroniqueurs venus du monde politique.

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Ce sera demain qu’aura lieu la première de 19h le dimanche, la nouvelle émission de Laurent Delahousse, sur France 2. Parmi la quinzaine de chroniqueurs ou d’« éclaireurs », comme dit la chaîne, qui interviendront dans ce programme, deux anciens Premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Edith Cresson. Si la seconde ne joue plus aucun rôle politique, le second est encore jusqu’au 2 octobre sénateur Les Républicains de la Vienne.

Il a certes annoncé qu’il quittait la vie politique, mais il reste influent à droite où il s’oppose, par exemple, à la candidature de Laurent Wauquiez à la tête du parti. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a d’ailleurs l’intention d’imputer ses prises de parole à sa formation politique.

Moult personnalités politiques sur les antennes

Qu’en ira-t-il des autres ? Depuis la rentrée, on trouve moult personnalités politiques sur les antennes. L’ex-conseiller de Hollande, Gaspard Gantzer sera sur Europe 1, tandis que l’ex-conseiller de Sarkozy, Henri Guaino est sur Sud Radio. Axelle Lemaire, l’ex-secrétaire d’Etat au numérique est sur France Culture tandis que l’ancienne ministre de la Culture Aurélie Filippetti sera sur Europe 1 et i24NEWS, la chaîne d’information internationale basée en Israël.

Roselyne Bachelot, l’ancienne ministre de la Santé, officie désormais sur la chaîne d’info LCI, tout comme l’ancien député socialiste Julien Dray. Quant à Raquel Garrido, actuelle porte-parole de Jean-Luc Mélenchon, elle a atterri dans une émission de C8, la chaîne contrôlée par Vincent Bolloré. Une situation assez cocasse puisqu’elle a pu interpeller la semaine dernière le Premier ministre Edouard Philippe en tant que chroniqueuse à C8.

Exercice inverse

A vrai dire, on connaissait plutôt la situation inverse. Des journalistes qui servent le pouvoir, on l’a vu au Royaume-Uni et aux Etats-Unis comme en France. Teresa May a recruté un ancien éditorialiste politique du Daily Mail, James Slack, comme Donald Trump a fait appel un temps à Steve Bannon, journaliste qui a été renvoyé cet été à son site Breitbart News. En France, c’est le chroniqueur Bruno Roger-Petit qu’Emmanuel Macron vient de choisir comme porte-parole.

L’avantage du politique, c’est bien sûr qu’il apporte sa notoriété et qu’il a l’habitude des phrases courtes. L’inconvénient, c’est qu’on entretient l’idée d’un entre soi entre journalistes et politiques. Ou comme dit le professeur en journalisme Mick Temple, l’idée d’un « bénéfice mutuel » plutôt que d’une confrontation. Bref, que ces deux mondes peuvent être interchangeables à une époque où la défiance envers la politique n’a qu’une égale : celle ressentie à l’égard des médias.

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