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A la Une: le bras de fer se poursuit au Togo

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Jean-Pierre Fabre, Brigitte Adjamagbo (G) et d'autres leaders de l'opposition togolaise, avec des partisans rassemblés à la résidence du leader du Panafrican National Party (PNP), Tikpi Atchadam, à Lomé. Le 8 septembre 2017.
Jean-Pierre Fabre, Brigitte Adjamagbo (G) et d'autres leaders de l'opposition togolaise, avec des partisans rassemblés à la résidence du leader du Panafrican National Party (PNP), Tikpi Atchadam, à Lomé. Le 8 septembre 2017. REUTERS/Stringer

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Bras de fer entre le pouvoir et l’opposition : pour les leaders de l’opposition togolaise, il ne faut « rien attendre » de la réforme constitutionnelle annoncée par le gouvernement avant les manifestations anti-pouvoir massives de ces derniers jours.

Le gouvernement togolais avait joué l'apaisement en annonçant des réformes constitutionnelles concernant la limitation des mandats et le mode de scrutin. Toutefois, le pouvoir ne veut pas entendre parler de rétroactivité… Les réformes ne devraient donc s’appliquer qu’au plus tôt en 2020, date de la fin de mandat du président Faure Gnassingbé.

Du coup, la presse d’opposition se déchaîne… « L’ouverture et même la poursuite des débats parlementaires sur le sujet des réformes ne sauraient émousser la dynamique contestataire, s’exclameLiberté. Au contraire, plus longs seront les débats, plus fort sera le message de la rue. Tout part de la rue et tout revient à la rue. Face à toute manœuvre de blocage notamment sur la fameuse exigence de non-rétroactivité ou sur le refus d’application immédiate, recours devrait être fait à la rue. (…) Désormais, poursuit Liberté, la lutte pour l’alternance démocratique dans notre pays ne devrait être appréhendée qu’au travers de deux prismes : la dynamique unitaire des forces démocratiques et l’adhésion totale des populations au combat. Au final, la rue reste bien l’ultime recours. »

Les sites d’information togolais proches de l’opposition ne sont pas en reste… « Le peuple togolais n’a pas besoin de référendum pour réintégrer la Constitution de 1992, s’exclame ainsiTogo Site. Sous pression, Faure veut changer des articles 52, 59 et 60 pour gagner du temps mais les Togolais veulent le retour de la Constitution de 1992. Faure doit partir maintenant. Cinquante ans de pouvoir, ça suffit ! »

Faure Gnassingbé va-t-il écouter la rue ?

Pour le site d’information Afrik.com, « la tension politique est maximale à Lomé ». Certes, « après les mobilisations monstres de la semaine, c’est un samedi et dimanche paisibles qu’ont vécus les habitants de la capitale, qui ont pu retrouver leurs occupations dominicales habituelles, loisirs et cultes. Pour autant, pointe Afrik.com, le message envoyé au président togolais est clair : le peuple compte sur des réformes institutionnelles concrètes, et l’engagement d’un véritable processus démocratique, qui pourrait conduire à l’alternance. »

Et Afrik.com de prévenir : « Il revient au président Gnassingbé de tenir compte de ce nouveau contexte politique sans chercher à biaiser. Faute de quoi il pourrait bien connaître le même sort que le président burkinabè Blaise Compaoré, exfiltré en urgence vers la Côte d’ivoire, pour échapper à un destin plus funeste. »

« Togo : Faure plie, mais la rue ne rompt pas », constate pour sa part Wakat Séraà Ouagadougou. « Accusé d’avoir mis la Constitution de son pays sous coupe réglée pour s’assurer un règne sans fin, après celui de son père, le président togolais n’a désormais d’autre choix que d’écouter la rue, affirme le site d’information burkinabè. Une rue déterminée plus que jamais à obtenir des réformes capables de rendre enfin possible l’alternance dans ce tout petit pays au destin confisqué par une seule famille qui impose sa loi depuis 1967. »

Surprise et flou en Côte d’Ivoire

A la Une également, le congrès du RDR, le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire… Avec une surprise de taille : « Hier, le président Alassane Ouattara a donné un signal fort, relève Abidjan.net, en déclinant l’offre des militants qui souhaitaient le voir revenir à la tête du parti avant les élections présidentielles de 2020. (…) Désormais, plusieurs femmes font leur entrée dans les instances dirigeantes du RDR. » Avec comme présidente, Henriette Diabaté. A 82 ans, la grande chancelière devient ainsi le numéro un du RDR dont elle fut jadis la secrétaire générale.

Pour ce qui de la succession d’Alassane Ouattara à la tête du pays, le flou demeure, pointe Ledjely.com en Guinée : « D’abord, on a l’absence remarquée du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro, grand artisan de la victoire de 2011 et jusqu’à dernièrement, pressenti comme potentiel successeur du président Ouattara. Alors qu’on avait cru entrevoir un semblant de réconciliation entre "ADO" (Alassane Ouattara, NDLR) et Soro, le fait que le second n’ait pas été associé à ce congrès est de nature à susciter de nouvelles interrogations. »

« Par ailleurs, relève encore Ledjely, en renouvelant son souhait en faveur d’un RHDP unifié, le président ivoirien semble ramer à contre-courant de bien de responsables de son propre camp politique. De fait, cette volonté de maintenir le tandem RDR-PDCI a de quoi redonner de l’espoir aux proches de Henri Konan Bédié. En effet, l’ancien président ivoirien, conformément à un deal tacite entre lui et Alassane Ouattara, espère placer un des siens comme candidat de la coalition commune en 2020. Or, une telle perspective est loin d’être partagée au sein du RDR. »

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