Revue de presse Afrique

A la Une : nouvelle mobilisation au Togo

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Manifestation à Lomé, Togo, pour demander le départ du président Faure Gnassingbe, le 6 septembre 2017.
Manifestation à Lomé, Togo, pour demander le départ du président Faure Gnassingbe, le 6 septembre 2017. REUTERS/Noel Kokou Tadegnon

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« Tous les regards de la classe politique et des populations seront tournés ce mardi vers le Parlement, pointe Togo Site, pour voir la suite qui sera donnée à l’avant-projet de loi portant révision constitutionnelle adopté par le conseil des ministres mardi dernier. » Toutefois attention, poursuit Togo Site, « il est conseillé d’opter pour la prudence et éviter d’être trop optimiste sur la suite, au regard de la mauvaise foi manifeste dont Faure Gnassingbé et les députés du RPT/UNIR ont toujours fait preuve dans ce processus. Raison pour laquelle certains observateurs y voient juste une diversion du pouvoir pour casser la dynamique de contestation. »

Il faut dire qu’il y a comme un grand flou à propos de l’examen de la révision constitutionnelle…

« Le projet de loi sera-t-il à l’ordre du jour de la session parlementaire extraordinaire qui s’ouvre ce mardi ? », s’interroge le site d’information Ici Lomé. « La réponse à cette question sera connue demain mercredi, à l’issue de la conférence des présidents des commissions de l’Assemblée nationale. Mais en attendant, relève encore Ici Lomé, la coalition de l’opposition demande à ses militants et sympathisants de descendre ce mardi sur l’Assemblée nationale lors de l’ouverture de la session parlementaire, pour dire " non " à ce projet de loi qui, selon les responsables de cette coalition, ne répond pas aux aspirations du peuple togolais. »

Sur le site officiel de la République togolaise, on affirme que le projet de révision sera bien examiné par les députés, mais on ne précise pas de date : « encore faut-il, prévient le site officiel, que cet édifice ne soit pas remis en cause par des manifestations incessantes ou des actes de violence. Si des réformes constitutionnelles s’imposent, il ne faut pas oublier que le Togo a aussi d’autres priorités très immédiates comme la relance de l’économie, les investissements dans les équipements sociaux, la création d’emplois ou l’amélioration du système éducatif. Autant de priorités auxquelles s’attellent les pouvoirs publics. Il ne faudrait pas que les conflits politiques paralysent le Togo, prévient encore le site de la présidence, dont la population a gardé un goût amer des évènements des années 90. »

Face à face inévitable ?

Dans la presse de la sous-région, les critiques fusent en direction du pouvoir togolais…

« La capitale togolaise s’attend à un bras de fer qui ne présage rien de bon, soupire Ledjely.com en Guinée. Parce qu’à la différence de l’attitude qui a été la sienne jusqu’à maintenant, le pouvoir togolais a décidé de durcir sa position en interdisant la manifestation que les opposants ont appelée pour ce mardi devant le siège du parlement. Or, comme cela a été démontré ces dernières semaines, les Togolais ne sont plus disposés à se laisser intimider par ce type de menaces. Le face-à-face est donc inévitable. (…) En effet, en partant du principe que le peuple est excédé par le fardeau qu’il endure depuis trop longtemps, on imagine qu’il bravera l’interdiction de manifestation édictée par les autorités. »

Pour Le Pays au Burkina, « il ne sert à rien, pour le pouvoir, de vouloir jouer la montre. Car, tout porte à croire que la contestation ne faiblira point, tant que l’opposition n’obtiendra pas gain de cause, c’est-à-dire le retour à la Constitution de 1992. Il appartient donc au président Faure Gnassingbé, affirme le quotidien ouagalais, d’arrêter de jouer à la politique de l’autruche et de savoir lire le signe des temps. Autrement, prévient-il, il pourrait payer au prix fort son obstination à vouloir ruser avec son peuple, dans un environnement où ce genres de pratiques ont montré leurs limites sous d’autres cieux. Et ces manifestations qui ont commencé de façon presqu’anodine pourraient bien sonner le glas de son régime, avertit encore Le Pays. Surtout que le discours au sein de l’opposition semble évoluer rapidement, à entendre ces voix qui ne demandent ni plus ni moins que le départ du chef de l’Etat. »

« Le régime de Faure qui s’est donné un peu d’air en promettant les réformes est-il en train de faire volte-face ?, s’alarme Wakat Séra. Pourtant, la raison l’aurait bien inspiré de profiter de cette session parlementaire pour remettre les choses à plat (…). Il serait tout de même illusoire, voire périlleux, pour le pouvoir togolais de vouloir tout régler par la force avec à la clé des morts, et pour les opposants d’expérimenter l’exemple de révoltes dites populaires dont celle burkinabè qui a conduit à la chute du Burkinabè Blaise Compaoré. » Car, « la plupart du temps, soupire Wakat Séra, ce sont des vies innocentes qui sont fauchées sans que le résultat escompté soit, au bout du compte, celui que le vrai peuple voudrait. »

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