Chronique des matières premières

Ethanol: la Chine verse ses excédents de maïs dans les moteurs

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Cuves d'éthanol de l'usine de production de biocarburant de Tereos à Origny-Sainte Benoîte.
Cuves d'éthanol de l'usine de production de biocarburant de Tereos à Origny-Sainte Benoîte. AFP/Alain Julien

La Chine veut généraliser le carburant E10 à base d'éthanol. Pour polluer moins et vider ses stocks encombrants de maïs.

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La Chine verse ses excédents de maïs dans les moteurs. Pékin passe à la vitesse supérieure pour doper sa production d'éthanol. Le gouvernement vient d'annoncer qu'il allait généraliser d'ici trois ans le carburant E10, qui incorpore 10% d'éthanol dans l'essence. A la fin de l'année dernière, Pékin disait vouloir doubler la production d'éthanol d'ici 2020, soit parvenir à 4 milliards de litres par an, mais c'est désormais 19 milliards de litres d'éthanol, cinq fois plus, qui seront nécessaires au nouvel objectif des autorités chinoises. Il faudra installer une quarantaine d'usines supplémentaires, a calculé Reuters, pour transformer le maïs en alcool par distillation.

Car si l'objectif est double pour Pékin : limiter la pollution et les émissions de CO2 des carburants, mais aussi se délester de ses encombrants stocks de maïs : 200 millions de tonnes, assez pour nourrir le milliard et demi de Chinois pendant un an. Sauf qu'une grande partie de ces réserves est aujourd'hui impropre à la consommation humaine.

Pour s'en débarrasser, Pékin subventionne déjà les fabricants d'aliments du bétail qui utiliseraient cette ressource de maïs dégradé. Les autorités subventionnent également les producteurs qui abandonnent la culture du maïs pour une autre céréale ou pour le soja.

L'industrie chinoise de l'éthanol est encore modeste à l'échelle du pays, mais elle est désormais protégée par des taxes sur les importations concurrentes. Le nouvel objectif de généraliser l'E10 d'ici 3 ans dans toute la Chine, alors que jusque-là les provinces étaient libres en la matière, devrait donner un coup d'accélérateur décisif à l'éthanol chinois. Un biocarburant de première génération, très controversé en Europe, mais qui a le vent en poupe en Asie, comme le confirment les chiffres du rapport Cyclope 2017.

Ce continent est encore très loin des géants mondiaux de l'éthanol que sont devenus en très peu de temps les Etats-Unis, 58 milliards de litres d'éthanol de maïs et le Brésil, 27 milliards de litres d'éthanol de canne à sucre. Mais la Thaïlande a battu un nouveau record de production l'an dernier, avec 1 milliard 300 millions de litres. Et l'Inde vise 1 milliard de litres cette année.

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