Revue de presse Afrique

A la Une: Togo-Constitution, la règle du jeu qui fâche

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Un homme manifeste contre le pouvoir en place du président Faure Gnassingbé à Lomé, Togo, le 6 septembre 2017.
Un homme manifeste contre le pouvoir en place du président Faure Gnassingbé à Lomé, Togo, le 6 septembre 2017. REUTERS/Noel Kokou Tadegnon

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Controverse constitutionnelle au Togo, où la commission des lois se penche sur l’avant-projet de réforme de la Constitution. C’est surtout   nous l’évoquions ici même hier   l’article 60 de cet avant-projet qui semble en décalage avec la Constitution togolaise de 1992, car il se garde bien de stipuler qu’« en aucun cas nul ne peut exercer plus de deux mandats ». L’opposition y voit le moyen pour Faure Gnassimbé de s’accrocher au pouvoir. Lequel président, pour l’heure, ne pipe mot.

Le président reste muet ? « Patience !, promet Togo Tribune, Faure Gnassimbé va enfin sortir de son mutisme ». Mais ce journal en ligne se garde bien de préciser quand le chef de l’Etat togolais va rompre le silence.

Alors, que vont faire aujourd’hui les députés togolais, eux qui sont « entre le marteau du peuple et l’enclume de Faure », se demande le journal Le Pays, au Burkina Faso ?

Car « la rue gronde », relève ce quotidien ouagalais, « le problème du Togo aujourd’hui, c’est son président. Ce président qui prétend aimer son peuple et dit être là pour lui, mais qui n’entend pas ses suppliques ». Et Le Pays de prévenir : « si les députés ne prennent pas leurs responsabilités, le peuple risque de prendre les siennes ».

En tout cas, la réforme constitutionnelle attendue au Togo « va faire tache d’huile », veut croire le journal Matin Libre. Car cette nouvelle donne, si elle entre en vigueur, va « considérablement bouleverser la cartographie politique au Togo. En effet, comme on peut le constater le Projet de Réformes devra non seulement calmer les ardeurs d’une opposition togolaise depuis lors accrochée à cette exigence (du départ de l’actuel président). Mais il fera entrer le Togo dans une ère véritablement nouvelle au plan institutionnel que politique », prédit ce journal béninois.

G5 Sahel : IBK le VRP

Au Mali, le comité de défense et de sécurité du G5 Sahel s’est réuni hier à Sévéré. Le financement de cette force militaire conjointe est en jeu à New York. Et le président malien a joué les VRP du G5 Sahel. « IBK en responsable du marketing », du G5 Sahel, lance L’Observateur Paalga, en référence à cette force conjointe de lutte contre le terrorisme qui comprend cinq pays de la sous-région, la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.

A en croire ce quotidien burkinabè, ces cinq pays, soutenus par le président français Emmanuel Macron, peuvent compter sur Ibrahim Boubacar Keita. « S’il y a bien VRP (autrement dit un Voyageur Représentant Placier) ou illustre marketer qui croit dur comme fer aux vertus du produit qui verra bientôt le jour, c’est assurément le président malien », badine L’Observateur Paalga.

Soudan du Sud : au cœur des ténèbres

Une guerre oubliée celle qui ravage le Soudan du Sud, et qui pourtant égale en horreur celle de Syrie… C’est le journal français Le Figaro qui a fait le macabre décompte. Avec « près de 4 millions de personnes déplacées et un nombre de morts estimé à plus de 300 000 », la « plus jeune nation du monde » est le théâtre d’une guerre fratricide « qui a déjà fait 4 millions de déplacés ».

Après avoir rappelé la rivalité entre le président Salva Kiir et l’ancien vice-président Riek Machar, Le Figaro estime que le Soudan du Sud est « un État inachevé, sans identité nationale, qui a besoin à la fois de réconciliation et de solides fondations institutionnelles. Aujourd’hui, le pouvoir du gouvernement ne dépasse pas les limites de Djouba, mais le conflit ne fait que s’étendre », constate ce quotidien français.

« Au milieu de ces luttes de pouvoir intestines, hommes, femmes et enfants endurent le pire », constate sur place ce quotidien. « Les soldats abattaient les gens comme des chèvres, même devant nos enfants », y raconte une réfugiée prénommée Alice rencontrée par Le Figaro dans le camp de Bidi Bidi, en Ouganda, où s’entassent plus de 287 000 réfugiés sud-soudanais parmi le million qui a rejoint le nord de l’Ouganda depuis juillet 2016. Le Soudan du Sud ? Ce pays pourrait ne jamais être qu’une « idée », soupire, accablé, Le Figaro.

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