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Nouvelle crise politique en Islande

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Le Premier ministre islandais Bjarni Benediktsson donne une conference de presse à Reykjavik, le 15 September 2017
Le Premier ministre islandais Bjarni Benediktsson donne une conference de presse à Reykjavik, le 15 September 2017 REUTERS/Geirix
Par : Jérémie Richard
6 mn

247 jours après avoir eu du mal à former un gouvernement suite aux élections déjà anticipées d’octobre dernier après le scandale des Panama Papers, l’histoire se répète sur l’île de glace et feu. La coalition tripartite emmenée par le Premier ministre Bjarni Benediktsson est tombée après le retrait de l’une des trois formations politiques conséquence indirecte d'une affaire judiciaire qui a défrayé la chronique. De nouvelles élections se profilent à l’horizon.

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de notre correspondant à Reykjavik,

Comment en est-on arrivé à cette crise politique ? Au tout début de l'affaire, il y a l'histoire de Hjalti Sigurjón Hauksson, un Islandais condamné à cinq ans et demi de prison en 2004 pour avoir violé sa fille quasi-quotidiennement pendant douze ans.

Après avoir purgé sa peine, il a fait récemment une demande de « rétablissement d'honneur », permettant d'avoir de nouveau un casier judiciaire vierge de toute condamnation. C'est une procédure légale mais très controversée en Islande.
Et parmi les exigences pour obtenir ce « rétablissement d’honneur », il faut une caution écrite par trois personnes de bonne moralité. Or nous avons appris jeudi 14 septembre que Benedikt Sveinsson, soit le père de Bjarni Benediktsson, le Premier ministre islandais lui-même, avait signé cette lettre de recommandation pour Hjalti Hauksson.

La ministre de la Justice, Sigríður Andersen, avait informé en toute discrétion le Premier ministre islandais dès juillet dernier que son père avait signé cette lettre. C'est « La goutte d’eau qui fait déborder le vase » pour l’une des trois formations politiques engagée dans la coalition. Dès minuit vendredi matin, Avenir Radieux annonce son retrait.

La formation centriste accuse Bjarni Benediktsson d’avoir couvert son père et rompu la confiance de ses partenaires politiques. Le gouvernement se retrouve donc en minorité, avec quatre sièges en moins, lui qui ne disposait déjà que d’une courte majorité absolue de 32 sièges sur 63. Une majorité acquise grâce à une coalition tripartie formée il y a huit mois seulement après de très laborieuses négociations.

Vers de nouvelles élections ?

C’est en tout cas ce qu’a appelé de ses vœux le Premier ministre, Bjarni Benediktsson, dès vendredi. La possibilité d’essayer de former une nouvelle coalition avec l’entrée d’une autre formation politique lui était offerte mais l’impasse semblait réelle. Le Premier ministre a donc présenté sa démission samedi 16 septembre au matin au Président islandais qui l’a acceptée. Le Président qui a rencontré d’ailleurs les leaders de chaque formation politique du pays avant d’officialiser ou non la tenue de nouvelles élections.

« Il y a toujours une petite chance de pouvoir former un nouveau gouvernement au sein de ce Parlement », a déclaré à RFI Guðni Jóhannesson avant de concéder que de nouvelles élections semblaient la meilleure option. Il devrait donc annoncer prochainement la dissolution du Parlement et la tenue de nouvelles élections pour la deuxième fois en un an, vraisemblablement le 4 novembre prochain.

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