Accéder au contenu principal
Afrique économie

Le difficile développement de l'entrepreneuriat des femmes en Afrique francophone

Audio 02:22
Une PME, composée à 80% de femmes, expose ses produits lors de la deuxième édition des Journées de la francophonie économique et numérique, le jeudi 14 septembre 2017 à Paris.
Une PME, composée à 80% de femmes, expose ses produits lors de la deuxième édition des Journées de la francophonie économique et numérique, le jeudi 14 septembre 2017 à Paris. RFI/Stanislas Ndayishimiye
Par : Stanislas Ndayishimiye
6 mn

« Quelles stratégies et plaidoyers pour un accompagnement efficace de l’entrepreneuriat des femmes ? » C’est l’un des thèmes qui ont fait l’objet de partage d’expériences lors de la deuxième édition des Journées de la francophonie économique et numérique qui s'est tenue le jeudi 14 septembre à Paris au siège de l’Organisation internationale de la francophonie à Paris.

Publicité

Les femmes « sont le moteur central de l’économie africaine », selon une enquête Ipsos publiée en mai 2017. Mais le gros de leur activité n’est pas quantifié. Au niveau de l'activité déclarée, le niveau de l’entrepreneuriat féminin diffère selon les pays. Au Congo-Kinshasa, les freins ne viennent pas seulement de l’environnement social, selon Patience Barandenge, responsable du Marché des femmes entrepreneures à la Rawbank. « Les femmes elles-mêmes veulent être limitées dans le secteur tertiaire. Elles veulent rester dans la microfinance. Elles doivent oser et prendre le risque. L’autre contrainte est qu’elles ne tiennent pas des états financiers fiables. Il y a aussi la problématique du côté informel de leur activité : elles préfèrent rester dans l’informel pour éviter de payer les taxes. Mais, nous, même celles qui sont dans l’informel, on les emmène pour les formaliser dans la Banque.  »

Femmes très actives mais peu représentées dans la création d’entreprises

Le taux de l’entrepreneuriat féminin reste faible en Afrique. Avoir un crédit bancaire pour créer ou faire tourner une entreprise est un parcours de combattante, comme au Sénégal. Directrice adjointe de SENAR Délices Lysa, une petite entreprise familiale qui vend des arachides et des noix de cajou, Sylvie Sagbo Gommard évoque les difficultés qu'elle rencontre pour trouver des financements. « J’ai essayé deux années de suite d’avoir un crédit de campagne pour acheter des noix de cajou, je n’y suis pas arrivée. Je n’ai pas renoncé [à chercher un crédit bancaire], mais je suis plutôt sur une voie différente, qui est de ne pas forcément m’appuyer sur la banque. Parce qu’aujourd’hui les banques en Afrique n’aident pas spécialement des PME parce qu’on reste trop petit pour eux. Tout à fait [une double pénalité], femme et PME, c’est sûr que ce n’est pas chose facile, mais aujourd’hui on voit quand même que beaucoup de femmes y arrivent. Je pense que la confiance revient. »

Au Maroc, malgré quelques avancées avec l’adoption en 2004 d’un code de la famille consacrant une certaine égalité des genres, le taux de l’entrepreneuriat des femmes augmente lentement. Selon Saloua Karkri-Belkeziz, présidente d’honneur et fondatrice de l’Association des femmes chefs d’entreprise du royaume chérifien. « Depuis 2000, la date à laquelle nous avons créé l’AFEM, l’Association des femmes entrepreneures du Maroc, l’objectif était d’encourager l’entrepreneuriat féminin, mais également de faire participer les femmes aux réformes économiques lancées en l’an 2000. Le taux d’entrepreneuriat féminin reste quand même assez faible, puisqu’il est n’atteint pas encore 20 %, alors que le taux de scolarisation a beaucoup augmenté et que pratiquement dans les universités, on trouve même plus de 50 % des jeunes filles. »

Entrepreneure depuis près de 30 ans, Saloua Karkri-Belkeziz dit aux femmes que les portes de l’entrepreneuriat « ne sont pas fermées à clef » et qu’il faut juste les pousser pour les ouvrir.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.