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Allemagne: des élections législatives sous la menace des «fake news»

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Les affiches de campagne des élections législatives montrent Angela Merkel et Martin Schulz, à Bonn, en Allemagne, le 7 septembre 2017.
Les affiches de campagne des élections législatives montrent Angela Merkel et Martin Schulz, à Bonn, en Allemagne, le 7 septembre 2017. Reuters/Wolfgang Rattay

En Allemagne, on vote dimanche prochain pour les législatives. Derniers jours de campagne dans un pays qui a beaucoup craint une élection déstabilisée par Les « fake news », les fausses nouvelles. Les autorités ont beaucoup fait pour s'en prémunir.

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La campagne n’est pas finie, mais dans quelques jours, les autorités allemandes devraient sauf évènement de dernière minute pouvoir pousser un gros « ouf » de soulagement. C’est qu’à Berlin, après les élections présidentielles américaine et française, on a beaucoup craint un débat démocratique déstabilisé par les rumeurs et les fausses informations.

Symbole de cette préoccupation toute récente dans le pays, ces mots qui ont été intégrés le mois dernier dans la nouvelle édition du Duden, l’équivalent du dictionnaire Larousse. Parmi les nouvelles entrées, les termes « fake news », fausses nouvelles donc, mais aussi Lügenpresse, littéralement traduit par « presse menteuse ».

En réalité, c’est surtout une expression qui a largement été utilisée par les nazis pour qualifier la presse d’opposition. Et cette expression a fait son retour via le mouvement xénophobe Pegida et via le parti d’extrême droite AFD, cette fois pour parler des médias installés.

Alors, contre cette presse dite « menteuse », ont fleuri ces deux dernières années des sites dit de « réinformation », ces fameux sites qui colportent très souvent photos tronquées et rumeurs en tous genres.

Ce terme, « presse menteuse », ressurgit. Et pourtant, les Allemands sont les Européens qui font le plus confiance à leurs médias

Vrai : autour de 80 %, selon les enquêtes. Des scores qui feraient rêver en France. Mais voilà, à côté de cette confiance stable, encore une fois, depuis deux ans, on a vu surgir ici en flèche les désinformations dans le débat public.

Cela concerne très largement un thème en particulier : les réfugiés. Leur nombre, le motif de leur présence, leur niveau de criminalité, leur supposé refus de s’intégrer… photomontage, fausses dates, citations tronquées ou chiffres imprécis ; tout circule désormais très vite.

C’est aussi « le » sujet qui, dans cette campagne électorale, fait le plus l’objet de vérifications

C’est même le thème essentiel sur lequel travaillent tous les journalistes qui vérifient ces dernières semaines l’information. Et ils sont nombreux en cette campagne, un record absolu. Entre les rubriques dédiées des médias installés comme le Spiegel et les sites indépendants, il y a 12 projets pour ces législatives, c’est quatre fois plus que lors des précédentes échéances.

Pas sûr que tous survivent à cette campagne électorale, perçue globalement comme très calme. Surtout qu’une loi unique en Europe va entrer en vigueur ce 1er octobre. Alors, il ne s’agit pas officiellement de lutter contre les fausses informations, mais celles qui circulent le plus pourraient tomber sous le coup de cette loi qui a un objectif affiché : empêcher la propagation de propos haineux.

L’Allemagne a décidé de rendre les réseaux sociaux responsables de ce qui y est publié. Dans un peu plus de deux semaines, les Facebook et autres Twitter auront 24 heures pour retirer tout commentaire considéré comme violant la Constitution allemande. Dans le cas contraire, ils risquent une énorme amende de 50 millions d’euros.

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