Revue de presse française

A la Une: Angela Merkel, l'austère allemande

Audio 04:38
Angela Merkel.
Angela Merkel. REUTERS/Michael Dalder
10 mn

Publicité

Une fois n’est pas coutume, le journal Le Parisien, que l’on ne savait pas à ce point féru de politique internationale, consacre l’essentiel de « sa Une » à cette actualité allemande.

A J-1 d’un scrutin partout présenté comme une pure formalité pour la chancelière, c’est une photo sortie de ses archives les plus poussiéreuses de ce très ethnocentré quotidien qui envahit donc « sa Une ». Une photo d’Angela Merkel à 37 ans, une photo qui retient l’attention, qui surprend par le sentiment d’austérité qui s’en dégage. Le Parisien aurait voulu donner de la « mère de la Nation » allemande une image plus ringarde qu’il aurait eu du mal à trouver procédé plus efficace. Sur le cliché, Angela Merkel apparaît vêtue d’une veste coupée dans une sorte de tissu tartan vert et rouge semblable à celui dans lequel les Highlanders écossais taillent leur kilt pour jouer de la cornemuse. Le décor de la photo est à l’avenant : les documents sagement rangés sur le bureau, le fauteuil, les murs couleurs pomme de terre… tout y est de l’anonymat d’une administration d’Europe de l’Est. Bienvenue aux lecteurs du Parisien dans le monde d’Angela Merkel !
Image déprimante pour élections pourtant déterminantes. Car « l’avenir de l’Europe (est) suspendu au scrutin allemand », prévient « la Une » du journal Le Figaro. Ici, pas de temps à perdre avec l’image, Angela Merkel, c’est du sérieux. « Rarement le destin de l’Europe n’aura dépendu d’aussi peu d’hommes… D’une femme surtout, Angela Merkel, lance ce quotidien conservateur. Si l’issue du combat électoral allemand ne fait guère de doute, ce qui suivra pour le continent est plus incertain ».

Pour Le Figaro, pas de doute, dès lundi, lendemain de ces élections allemandes, le « moteur » de l’Europe est « à relancer ». Et il « va repartir », prédit ce journal, car il sera « libéré du poids des scrutins ». Mais il n’y a pas que le moteur, il y a aussi le volant. Et à bord, il y a deux copilotes, Merkel et macron, « sans forcément que les copilotes s’entendent toujours sur la direction à prendre », craint Le Figaro. Qui le souligne, « beaucoup dépendra donc d’Angela Merkel, qui en douze ans de pouvoir n’a guère impressionné par sa hardiesse à réformer l’Europe ».
Alors, vivement lundi, espère ce quotidien, « Macron attend la réélection de la chancelière pour relancer l’Europe (…) Il y a un moment, une fenêtre de quelques mois, pour faire bouger cette Europe que le Brexit a eu le mérite de réveiller ».

Theresa May : la timide Britannique

Theresa May a lâché un peu de lest sur les modalités de sortie de l’UE. En visite à Florence, « berceau de la Renaissance », souligne Le Figaro (dans un langage qui peut sembler codé), la Première ministre britannique a « fait un pas vers l’UE pour un divorce à l’amiable », résume-t-il.

Elle s’est montrée « conciliante », admet également Libération. Mais Theresa May est demeurée « très vague », regrette ce quotidien, son discours est resté « timide », tout juste a-t-elle évoqué une « période de transition d’environ deux ans après la sortie officielle de l’Union européenne le 29 mars 2019 », et Libé ne trouve-là rien de mirobolant pour l’avenir de l’Union européenne.

Jean-Luc Mélenchon : l’intrépide Gaulois

En France, c’est aujourd’hui que Jean-Luc Mélenchon organise sa manifestation contre la loi travail. Au lendemain de la signature solennelle par le président Macron des ordonnances portant sur la réforme du Code du travail, le chef de La France insoumise prend la rue.

Baroud d’honneur ? Le journal Le Républicain Lorrain en est persuadé. Evoquant le village d’Astérix qui résiste à l’envahisseur romain, ce quotidien de l’est de la France donne dans la métaphore gauloise. « Difficile à réformer le village gaulois ? Par Jupiter, il semble bien que César Macron ait remporté la bataille des ordonnances. (...) Ombrageuses et imprévisibles, les troupes du tribun Mélenchon ont entre leurs mains le destin des armes. Que la mobilisation soit faible et la contestation s’éteindra comme un feu de paille ; qu’elle soit forte et elle agrégera derrière elle tous les mécontents silencieux de ce début de quinquennat » !

« Le défilé ressemble à un troisième tour, soulignent en chœur Le Progrès, Le Journal de Saône-et-Loire et Le Bien Public. (…) À l’heure du décompte de la participation, le député des Bouches-du-Rhône n’échappera pas au verdict pour savoir s’il peut (ou pas) se poser en seul et unique opposant de gauche au président Macron ».

Pas du tout, objecte L’Alsace « ce n’est pas ce soir qu’on connaîtra le résultat de ce bras de fer à distance. Car il y aura d’autres rendez-vous, avec les chauffeurs routiers, les retraités, les fonctionnaires qui mettront le gouvernement à l’épreuve. »

Dès lors, quel est l’enjeu de cette marche de la France insoumise ? Pour La Montagne/Centre France, pas de doute, Jean-Luc Mélenchon « veut démontrer sa force, ridiculisant la CGT et ses manifs de jeudi, et s’ériger comme le seul opposant qui vaille à Emmanuel Macron ».

Le Courrier de l’Ouest n’écrit pas autre chose. « Dans ce paysage dévasté où même les syndicats ont du mal à trouver leur place, il ne subsiste pour l’heure que deux figures dominantes. Le chef   en berne côté sondages   Emmanuel Macron et le tribun Jean-Luc Mélenchon. Ces deux-là semblent s’être choisis pour le match d’après. Un duel qu’ils se livrent à distance et à grand renfort de scènes très médiatiques : signature d’ordonnances hier à l’Élysée pour l’un, rassemblement à la Bastille aujourd’hui autour de l’autre ». Ce soir, on fait les comptes, et on refait le match…

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail