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Afrique économie

Les prémices d’un développement du secteur privé en Libye

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80% de la population active travaille dans le secteur public. La plupart de ces personnes payées par l’Etat occupent des emplois fictifs. Beaucoup de gens touchent leurs salaires sans travailler. La place des Martyrs, à Tripoli.
80% de la population active travaille dans le secteur public. La plupart de ces personnes payées par l’Etat occupent des emplois fictifs. Beaucoup de gens touchent leurs salaires sans travailler. La place des Martyrs, à Tripoli. ©MAHMUD TURKIA/AFP
Par : Stanislas Ndayishimiye
6 mn

Réunion le mercredi 4 octobre 2017 à Tripoli autour du projet SLEIDE. Démarré il y a 2 ans et financé par l’Union européenne, ce programme vise à appuyer les autorités et le secteur bancaire libyens à favoriser le développement du secteur privé et de l’entrepreneuriat en Libye. Une délégation libyenne était la semaine dernière à Paris, afin d’inviter les entreprises françaises à s’intéresser à ce pays qui sort peu à peu de la crise.

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Alors que la sécurité doit encore être totalement rétablie, les autorités libyennes parient sur le développement économique pour offrir une alternative pérenne aux jeunes. Mais pour le moment, le secteur privé ne représente en Libye que 6% du PIB, précise Esam Garbaa, Chef du bureau international au ministère du Plan.

« La situation des PME est au stade de balbutiement. Les Petites et moyennes entreprises essayent de trouver des moyens de financement, notamment à travers le projet français. Ce projet va nous permettre d’enclencher et de bien roder le mécanisme d’octroi des crédits, ce qui permettra le développement des petites sociétés. La plupart de ces petites sociétés sont développées par des jeunes sans expérience. Tout ce qu’on peut faire, c’est les encourager et les aider en leur facilitant l’accès à des moyens de financements. Lors de nos discussions avec les grandes entreprises, françaises ou autres, on insiste sur la nécessité de collaborer avec les entreprises libyennes et de nous aider à renforcer la capacité du secteur privé libyen, à commencer par les petites et moyennes entreprises. Pour soutenir les grands projets, qui demandent de l’aide logistique, notre objectif c’est de créer un partenariat entre le secteur privé libyen et les entreprises européennes et non européennes. »

Un chômage qui bat des records

La plupart des jeunes de moins de 30 ans en Libye sont au chômage. Ils ne sont plus recrutés par l’Etat comme du temps de Kadhafi. Ils doivent se débrouiller pour vivre, constate Alexandre Chatillon-Mounier d'Expertise France, qui pilote le programme SLEIDE.

« L’entrepreneuriat de nécessité comme l’entrepreneuriat social sont les 2 grandes tendances en ce moment de la jeunesse en Libye ; ça se voit parce qu’on a tout le temps des demandes pour être accompagné, créer des programmes d’appui pour les entrepreneurs, pour leur permettre de réaliser leurs idées. De l’idée, de la formalisation au business, il y a tout un schéma et nous on vient leur permettre de passer de l’état d’idée à l’état de business lucratif. »

Quasi absence du secteur agricole et du secteur industriel

Le développement du secteur privé est donc primordial, selon le ministre de l’Economie, Nasir Fadhlullah Awadh Shaghlan.

« Pour nous, c’est l’occasion d’expérimenter le développement des petits projets. Car la majorité des emplois sont dans le secteur public. Des emplois administratifs, ce qui a provoqué un déficit dans le budget de l’Etat. Sur 6 millions de Libyens, 1,4 million d'entre eux travaille dans le secteur public. C’est près de 80% de la population active. En réalité, la plupart de ces personnes payées par l’Etat occupent des emplois fictifs. Beaucoup de gens touchent leurs salaires sans travailler. Et hors du secteur pétrolier, il n’y a presque pas de secteur agricole, ni de secteur industriel capable d’offrir des emplois. C’est un héritage du régime précédent, qui employait tout le monde en versant des salaires grâce à la rente pétrolière. A cause de ces fonctionnaires fictifs, le déficit sur le budget de l’Etat est situé aujourd’hui entre 26 et 32 milliards de dollars. »

Dans une économie encore très centralisée, le projet SLEIDE vise à former les banques et à réactiver la caisse de garanties libyennes, pour mieux comprendre les besoins des PME et leur prêter de l’argent.

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