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Chronique des médias

La bataille des ondes en Catalogne

Audio 02:38
Le contrôle de l’appareil de diffusion est la priorité absolue de tout gouvernement voulant imposer ou défendre son pouvoir.
Le contrôle de l’appareil de diffusion est la priorité absolue de tout gouvernement voulant imposer ou défendre son pouvoir. REUTERS/Ivan Alvarado

Cette semaine dans la chronique des médias, il est question de la déclaration d’indépendance du Parlement catalan qui se traduit par la volonté du gouvernement espagnol de reprendre la main sur les médias audiovisuels publics de la région en activant l’article 155 de la Constitution.

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C’est Vicent Sanchis, le directeur de TV3, la chaîne publique catalane, qui a résumé la situation. Avec l’école et la police régionale, la télévision de la Catalogne est « un des trois piliers basiques d’un Etat ». Comme on le voit dans toute situation insurrectionnelle, le contrôle de l’appareil de diffusion est la priorité absolue de tout gouvernement voulant imposer ou défendre son pouvoir. Celui de Mariano Rajoy n’échappe pas à cette règle puisqu'en brandissant l’article 155, il va tâcher de s’arroger les attributs de puissance de la Généralité. Autrement dit, il va chercher à prendre le contrôle de sa police, de ses finances, mais aussi de ses médias, TV3 et Catalunya Radio, en se débarrassant de ses dirigeants.

Il est vrai que Madrid a quelques raisons d’en vouloir à cette télé régionale qui compte 2 000 salariés et réunit près du quart de l’audience catalane sur ses journaux télévisés. D’abord, parce qu’elle a suivi intensément le référendum illégal du 1er octobre. Elle a ensuite abondamment couvert et d’une certaine façon exalté les manifestations de rue. Avec un vieux principe : une foule qui voit sa force à l’image ne peut que grossir. On a même vu un reporter de TV3 monter en direct sur le capot d’une voiture de la Garde civile saccagée par des manifestants.

« Pressions répétées du gouvernement catalan », selon Reporters sans frontières

Reporters sans frontières évoque aussi « les pressions répétées du gouvernement catalan envers la presse étrangère et locale », ainsi que les tentatives d’intimidation des foules ou des internautes contre des reporters non acquis à la cause indépendantiste. Si l’on y ajoute l’initiative d’une présentatrice de Radio Catalunya de signaler à l’antenne les mouvements de troupes de la Garde civile, et le profil très indépendantiste du patron de TV3, alors on comprend que Josep Borrell, l’ancien président socialiste du Parlement européen appelle à un « contrôle démocratique des médias publics » en Catalogne.

Mais en face, ce n’est pas tellement mieux. Les journalistes catalans ont parfois été matraqués par la Garde civile lors des manifestations. A Madrid, la télé publique espagnole est apparue si peu impartiale que le conseil d’orientation de la TVE, composée de journalistes, a réclamé la démission de la direction de l’information. Dans la presse, histoire d’exacerber les tensions, El Mundo a diffusé sur les réseaux sociaux la vidéo d’une pièce de théâtre où l’on souillait le drapeau espagnol. Rechercher la confrontation avec l’autre camp, c’est ce que va désormais chercher à faire Carlos Puigdemont, ancien journaliste et président de la Généralité de Catalogne. Il pourra se dire victime de la censure lors des prochaines élections.

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