Aujourd'hui l'économie

Le casse-tête du prochain patron de la Fed: comment réveiller l’inflation?

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Logo de la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-unis.
Logo de la Réserve fédérale, la banque centrale des Etats-unis. U.S. Government/wikimedia.org

Donald Trump doit désigner ce jeudi 2 novembre 2017 le prochain président de la banque centrale des Etats-Unis. Le républicain Jerome Powell, déjà membre du conseil des gouverneurs de la Fed, devrait être nommé à ce poste stratégique. Quel que soit le candidat retenu, il trouvera sur son bureau une énigme à résoudre : comment faire remonter l'inflation ?

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D'ordinaire, le boulot d'un banquier central, c'est de mater l'inflation qui ressurgit quand la croissance revient. Mais depuis la crise de 2008, ou plutôt depuis que les Etats-Unis sont sortis de la crise, rien ne se passe comme prévu, le plein emploi est revenu, c'est une des missions de la Fed, mais l'inflation demeure aux abonnés absents.

D'après Janet Yellen, l'actuelle présidente de la Fed, cette disparition est un véritable mystère. Car selon la théorie économique, en période de plein emploi, les prix remontent. Les patrons augmentent les salaires pour fidéliser leurs employés ou pour en attirer de nouveaux. Ils répercutent ces augmentations sur le prix de leurs produits, des produits par ailleurs de plus en plus demandés par les salariés mieux payés, la spirale vertueuse d'une inflation maîtrisée (si possible à +2 % maximum) se met alors en place.

Sauf que cette fois, ce n'est pas pareil, les salaires américains n'augmentent pas ou très peu. Plus précisément, seules les rémunérations des salariés embauchés en CDI remontent, mais les salaires des temps partiel, des contrat courts, souvent dans des emplois peu qualifiés, font du surplace à un niveau assez bas. On réalise que le lien emploi-inflation fonctionne bien quand les emplois sont bons.

Est-ce vraiment grave que les prix restent aussi bas ?

Assez grave pour empêcher le grand argentier des Etats-Unis de dormir sur ses deux oreilles. Car c'est sa mission de garantir la stabilité des prix. Mais comment y parvenir quand le principal levier, celui de la hausse des salaires, ne fonctionne plus ?

C'est une menace pour la reprise et au-delà, pour la cohésion sociale, estiment certains banquiers. Car la dégradation de l'emploi et la stagnation des salaires qui l'accompagne constituent un terreau fertile pour les populismes en tout genre. Le travail du président de la Fed peut ainsi avoir des répercussions bien au-delà des marchés boursiers.

Le chef de la Fed est-il responsable de cet état de fait ?

Pas vraiment. Ni lui ni ses pairs, qui sont confrontés au même problème au Japon et en zone euro, ne sont comptables de cette mutation du travail et de ses conséquences sur le pouvoir d'achat des ménages. Mais ils ont quand même un petit caillou dans leur chaussure, car en faisant marcher la planche à billets pour sauver les banques, et au-delà toute l'économie, ils ont aggravé la situation.

Les taux d'intérêt proches de 0 n'ont pas été mis à profit par les entreprises pour investir comme ils l'espéraient. Mais cet afflux d'argent bon marché a surtout encouragé les placements dans la pierre et les actions. Deux secteurs où la formation de bulles pourraient bien provoquer une réplique du tsunami financier de 2008.

 

En bref :

⇒ L'accusation de blanchiment portée contre la banque britannique HSBC se confirme dans l'affaire de corruption Gupta qui fragilise le président sud-africain

Dans un courrier adressé aux autorités financières de son pays, un parlementaire britannique né en Afrique du Sud dit avoir les preuves que la famille Gupta a utilisé la banque pour transférer des montagnes d'argent sale vers Dubaï et Hong Kong.

⇒ En France, Orange, l'opérateur historique du téléphone, se lance dans la banque mobile.

Sur ce marché ultra-concurrentiel, le géant des télécom a deux atouts : son vivier d'abonnés et une belle expérience acquise en Afrique avec le succès du service Orange Money.

⇒ Au Venezuela, le salaire minimum augmente aujourd'hui de 30 %

Cela ressemble à une bonne nouvelle, mais rapporté au cours du dollar qui s'échange sur le marché noir, cela ne compense même pas la dépréciation du bolivar.

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