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Aujourd'hui l'économie

Les «Paradise Papers» dénoncent l’optimisation fiscale à grande échelle

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La City Hall à Hamilton, capitale des Bermudes. La moitié de ces fichiers concerne la petite entreprise Appleby, un cabinet d'avocats créé il y a un siècle aux Bermudes (Photo d'illustration).
La City Hall à Hamilton, capitale des Bermudes. La moitié de ces fichiers concerne la petite entreprise Appleby, un cabinet d'avocats créé il y a un siècle aux Bermudes (Photo d'illustration). Lhademmor/wikimedia.org

Après les « Panama Papers », voici les « Paradise Papers ». Une nouvelle enquête journalistique planétaire du Consortium international des journalistes d’investigation, l’ICIJ, met en évidence les ressorts d’une industrie très florissante parmi les puissants de ce monde : l'optimisation fiscale.

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Quatre cents journalistes ont passé au peigne fin plus de 13 millions de documents fournis par un lanceur d'alerte au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung. La moitié de ces fichiers concerne une petite entreprise prospère : Appleby, un cabinet d'avocats créé il y a un siècle aux Bermudes. Et qui aujourd'hui a essaimé dans une douzaine de juridictions célèbres pour leur secret bancaire. C'est à l'aide de ces avocats zélés que les super-riches contournent l'impôt. Parmi les multiples montages financiers décrits dans les premiers articles publiés par nos confrères, rien d'illégal en soi. Mais ce qui laisse songeur, c'est l'ampleur de cette industrie. Et les personnalités impliquées !

La longue liste des personnalités impliquées

Cela va de la reine d'Angleterre au chanteur Bono en passant par de grandes entreprises multinationales. Mais surtout, cela met en cause des personnalités politiques de premier plan. A commencer par Wilbur Ross, le secrétaire au Commerce de Donald Trump. Ou encore le Canadien Stefen Bronfman, l'ami du Premier ministre Justin Trudeau. Celui qui a levé des fonds pour sa campagne.

Quelles peuvent être les conséquences de ces nouvelles révélations ?

Les « Panama Papers » ont poussé à la démission le Premier ministre du Pakistan et celui de l'Islande. Les « Paradise Papers » pourraient être dévastateurs pour la classe politique nord-américaine. On apprend, par exemple, que Wilbur Ross, le secrétaire américain au Commerce, détient le tiers d'une société de transports, Navigator Holdings, basée aux îles Marshall. Société dont les principaux clients sont des oligarques russes. Le risque de conflit d'intérêts est évident selon plusieurs experts américains. Wilbur Ross s'en défend, affirmant qu'il ne connaît pas les clients de cette société. Ce milliardaire qui a bien déclaré ses participations dans de multiples sociétés installées dans des paradis fiscaux s'est bien gardé d’évoquer l’existence de cette dernière. Un oubli du plus mauvais effet au moment où les ingérences russes dans la campagne de la présidentielle font déjà l'objet d'une enquête du Congrès.

Au Canada, les faits divulgués par les « Paradise Papers » choquent parce que Justin Trudeau a fait campagne sur la lutte contre l'évasion fiscale

Or son ami et soutien financier a fait de l'optimisation fiscale au profit d'une grande famille canadienne, démontre l'analyse des « Paradise papers ». Au-delà des remous politiques que cette enquête provoque dans l'immédiat, son objectif est aussi, bien sûr, de mettre la pression sur les législateurs. Mais enrayer cette évasion fiscale des ultra-connectés prendra du temps. Le plus difficile est de trouver un accord mondial là-dessus, comme on a essayé d'en trouver un sur le climat. Cela prend des années et des années. Pendant ce temps, les affaires continuent. L'un de ces virtuoses de l'optimisation fiscale travaillant au Luxembourg estime que son business n'a pas été affecté par les révélations précédentes.

⇒ En bref,

La Corée du Sud annonce de nouvelles sanctions visant la Corée du Nord

Séoul interdit à 18 citoyens nord-coréens toutes transactions financières avec des établissements sud-coréens. Ces personnalités de haut rang résident en Chine, en Libye et en Russie. Tokyo de son côté veut geler les avoirs d'une trentaine de personnes physiques et morales nord-coréennes. Une mesure annoncée par Shinzo Abe lors de sa conférence de presse avec Donald Trump actuellement en tournée en Asie.

Au Royaume-Uni, la lenteur du Brexit inquiète les milieux d'affaires

Il est temps d'arrêter ce feuilleton et de définir une vraie stratégie, estime le patron des patrons britanniques, Paul Drechsler, qui va s’exprimer aujourd’hui sur ce sujet devant le congrès annuel de son organisation. A partir de jeudi, les négociateurs se retrouvent pour parler gros sous. La facture du divorce continue à bloquer toute avancée sur le reste.

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