Aujourd'hui l'économie

La faillite du Venezuela serait imminente

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Le président vénézuelien Nicolas Maduro lors d'un meeting après l'annonce des résultats des élections régionales, le 15 octobre 2017.
Le président vénézuelien Nicolas Maduro lors d'un meeting après l'annonce des résultats des élections régionales, le 15 octobre 2017. © REUTERS/Miraflores Palace/Handout

Un défaut de paiement pourrait intervenir dans les prochains jours estiment les investisseurs. Depuis que le président Nicolas Maduro a évoqué une restructuration de la dette publique, les créanciers s’attendent au pire.

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Ce pays est en pleine crise économique, les habitants maigrissent à vue d'oeil tellement ils ont faim, mais jusqu'à maintenant l'Etat du Venezuela a toujours honoré ses dettes, à la plus grande satisfaction de ses créanciers qui engrangent des taux d'intérêt fabuleux pouvant aller jusqu'à 30%. Pas plus tard que vendredi dernier la compagnie pétrolière PDVSA a remboursé rubis sur ongle une traite de 850 millions de dollars. Le même jour le président Maduro a invité tous les créanciers et les investisseurs de bonne volonté à Caracas lundi prochain pour discuter renégociation de la dette. Cette déclaration a déclenché l'alerte rouge dans le petit monde de la finance obligataire, persuadé que le Venezuela est désormais au bord du gouffre financier.

Le Venezuela ne peut plus ou ne veut plus rembourser ses dettes?

Il manque clairement de devises. À moins de 10 milliards de dollars, ses réserves de change sont tombées à leur plus bas niveau depuis vingt ans. Or, le service de la dette lui coûtera 8 milliards d'ici la fin 2018. Auquel il faut ajouter la facture des importations des biens de première nécessité indispensables à la survie de la population, cette facture se monte à 13 milliards de dollars pour l'année en cours. Si Nicolas Maduro en vient à solliciter un arrangement avec ses prêteurs, cela prouve que les sanctions américaines imposées cet été ont commencé à « mordre » dit un analyste, étant donné que les banques résidant aux États-Unis n'ont plus le droit de participer à l'émission d'une nouvelle dette vénézuélienne, la fuite en avant des autorités du Venezuela dans de nouveaux emprunts est devenue quasiment impossible.

Au lieu de convoquer cette réunion le Venezuela aurait pu décider unilatéralement de suspendre ses paiements,

Oui, mais dans ce cas les créanciers auraient fait saisir les biens à l'étranger, les tankers de pétrole et surtout la raffinerie Citgo basée aux États-Unis. Le pays serait libéré de sa dette, mais il n'aurait plus aucune ressource, c'est pourquoi la réunion de lundi apparaît comme une tactique pour gagner du temps et pour montrer la bonne volonté du pays.

En réaction à la proposition de Nicolas Maduro, les agences de notation ont abaissé la note de la dette souveraine du Venezuela

Standard and Poors, puis Fitch, ont dégradé la note des créances libellées en devises dans la catégorie du défaut et hier Moody's a rétrogradé la note de PDVSA. En fait l'offre de renégociation de la dette faite par Maduro ne leur parait pas très crédible. Car techniquement c'est très compliqué, voire impossible du fait des sanctions américaines. Et impensable sans le soutien d'un grand argentier. Le défaut d'un État ou la restructuration de sa dette s'accompagne toujours d'un plan pour assainir les finances de l'État diligenté par le FMI. Or le fonds est persona non grata à Caracas depuis dix ans.

Le président Maduro a-t-il un plan B ?

À l'est, il a toujours des alliés indéfectibles et de bons clients. L'Inde, la Chine et la Russie achètent le brut du Venezuela. Par ailleurs Moscou et Pékin continuent à prêter à Caracas, évidemment avec des contreparties. Pour satisfaire les créanciers américains, les Russes acquitteraient par exemple le service de la dette de PDVSA. Et la faveur de ce nouveau soutien financier la Russie de Poutine pourrait mettre la main sur le pétrole de l'Orénoque, à la barbe des États-Unis de Donald Trump.

Twitter allonge la durée des messages

 

Le plus célèbre des twittos, Donald Trump s'en est déjà donné à coeur joie depuis la Corée du Sud. En passant de 140 à 280 signes autorisés, la messagerie compte attirer plus d'utilisateurs, et donc plus de revenus publicitaires, car malgré sa notoriété ce média n'est toujours pas rentable.

Moody's abaisse la note souveraine du Nigeria

Elle a été rétrogradée à B2, la dette nigériane plonge dans la catégorie des junk bonds. Des obligations à haut risque. Moody's estime que le gouvernement n'en n’a pas fait assez pour compenser la chute des revenus pétroliers.

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