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Les preuves, des faits

Les raisons de Nicolas Hulot pour repousser la fin du nucléaire français

Audio 02:31
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à la sortie du conseil des ministres, le 25 octobre à Paris.
Le ministre de la Transition écologique et solidaire, Nicolas Hulot, à la sortie du conseil des ministres, le 25 octobre à Paris. REUTERS/Benoit Tessier
Par : Agnès Rougier
6 mn

Le ministre de la transition écologique, Nicolas Hulot, a annoncé mardi dernier l’abandon de du projet de réduction du nucléaire à 50% de la production d’électricité à l’horizon 2025, qui est dans la loi de transition énergétique votée en 2015.

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  • Nous avons entendu plusieurs chiffres, en termes de dates et de nombre de fermetures de centrales nucléaires. Comment s’y retrouver ?

Je vais m’appuyer, comme le ministre, sur le bilan prévisionnel 2017 produit en début de semaine par RTE, le Réseau de Transport d’Électricité, filiale d’EDF.
Ce rapport montre 5 scénarios de réduction du nucléaire dans la production française d’électricité, avec des ambitions différentes. Le premier scénario est le seul à l’échéance 2025, c’est le moins complet, le moins ambitieux, et c’est aussi l’argument du ministre pour reculer l’échéance.

En données de bases, il faut savoir que la consommation d’électricité en France est à peu près stable depuis 2010 et la tendance est en baisse. Ensuite, la France a entre 75 et 80 % d’électricité de provenance nucléaire dans sa production électrique.

Il y a sur le territoire français 58 réacteurs nucléaires de production électrique répartis en 19 centrales.Quand la loi de transition énergétique demande une réduction de 50 % de la part du nucléaire dans la production d’électricité d’ici 2025, cela signifie le déclassement, l’arrêt, de 24 réacteurs. C’est-à-dire des réacteurs qui auront dépassé 40 ans, leur durée de vie maximale actuelle.
Les scénarios de RTE qui préconisent une sortie du nucléaire à l’échéance 2035, actent en réalité la prolongation de la durée de production des centrales, alors qu’on ne sait pas dans quelles conditions de sûreté et de coût on peut les prolonger. Or, le parc montre une vétusté certaine, et actuellement, il y a une vingtaine de réacteurs en maintenance.

  • Mais sur quoi s’appuient les variations sur le nombre de réacteurs à fermer que l’on a entendu notamment de la part de Nicolas Hulot ?

La variation sur le nombre de réacteurs à déclasser tient à plusieurs paramètres qui sont : les prévisions d’exportation d’électricité dans l’Union européenne, le taux de rénovation thermique des bâtiments qui engendrera une meilleure efficacité, et le choix de développer les véhicules électriques, avec une pondération en raison des faibles capacités de la France en production d’Énergie renouvelable.

Concernant ces choix, il faut savoir que l’abandon du chauffage électrique ne conduit pas forcément une baisse des besoins de production nucléaire, car ce sont ces chauffages qui génèrent des pointes de consommation auxquelles les centrales nucléaires ont du mal à répondre, ils représentent donc un problème. En revanche, le véhicule électrique, qui a une recharge lente, crée un niveau constant de consommation qui rend donc favorable le maintien du nucléaire en production de base.

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