Revue de presse française

A la Une: Les Républicains, les trois transfuges

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C'est en faisant allusion à la théorie d'extrême droite du « grand remplacement culturel » que Laurent Wauquiez a poussé ses trois (ex) collègues de Les Républicains à quitter le parti.
C'est en faisant allusion à la théorie d'extrême droite du « grand remplacement culturel » que Laurent Wauquiez a poussé ses trois (ex) collègues de Les Républicains à quitter le parti. AFP/Nicolas Tucat

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Nouvelle secousse dans le Landerneau politique en France. Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu et Thierry Solère ont franchi le Rubicon. Sans surprise, ils rejoignent La République En marche !. Tous trois, il y a moins d’un mois, avaient été exclus du parti de droite Les Républicains pour cause de ralliement au chef de l’Etat. Le ministre de l’Action et des Comptes publics Gérald Darmanin, mais également le secrétaire d’État à l’écologie Sébastien Lecornu ainsi que le député dit « constructif » Thierry Solère rejoignent en chœur la formation politique d’Emmanuel Macron, confessent-ils au Journal du Dimanche.

Gérald Darmanin dit au JDD avoir pris sa décision en entendant le candidat favori pour la présidence des Républicains Laurent Wauquiez évoquer le « grand remplacement culturel » qui est, selon lui, en train de se réaliser en ce moment en France. « On ne peut pas simplement dire qu’on n’est pas d’accord avec ça. Il faut le combattre », déclare Gérald Darmanin au JDD.

Toutefois, souligne Le Journal du Dimanche, les trois transfuges n’ont « pas convaincu » le Premier ministre de rejoindre La République En marche !, et donc Edouard Philippe se retrouve « sans parti fixe ».

Macron : en même temps moderniste et archaïque

Du grain à moudre, en tout cas, pour les journalistes politiques. Lesquels ont le blues… tout du moins ceux qui sont accrédités à l’Elysée. Les temps ont changé depuis François Hollande. Car Emmanuel Macron a modifié les règles. « Les journalistes politiques ? Ce sont les pires. Il les juge médiocres, nombrilistes, souligne Télé Obs, le supplément tv du magazine L’Obs. Ils ont surtout l’énorme défaut de ne pas avoir cru en lui pendant la campagne. (…) Ils seraient aussi un peu trop portés sur la " popol ", cette politique politicienne qu’il exècre tant. Fini le copinage et les petites confidences. Sommée de ne plus s’inviter dans les " cuisines du pouvoir ", la presse n’est plus la bienvenue au Palais. S’adresser aux Français, passe encore, mais se coltiner ces journalistes, sûrement pas ! », remarque Télé Obs.

C’est ce qu’on appelle la « verticalité du pouvoir macronien. De ce point de vue, Macron est " fidèle à l’esprit de la Ve République, estime Le Figaro Magazine, mais pas à l’esprit de sa campagne. (…) Ses électeurs (…) sont les cocus de l’histoire Macron, comme les ouvriers furent les cocus du mitterrandisme, et les pieds-noirs, ceux du gaullisme. Mais la société que Macron promeut (…) est le contraire absolu de son mode de gestion politique. Une contradiction majeure qui risque de faire sauter le quinquennat aux premières tempêtes ». C’est ce que cet hebdomadaire appelle « l’ambivalence macronienne : un discours moderniste et une pratique archaïque ».

Alpha Condé : l’agriculture manque de bras

Cette semaine, Emmanuel Macron se rendra au sommet Afrique-Europe d’Abidjan. Sans attendre, Alpha Condé met les points sur les « ». Le président en exercice de l’Union africaine dit au JDD que les Africains n’ont « pas besoin du planning familial mais de développement. Nos agriculteurs ont besoin de leurs enfants pour la main-d’œuvre », lance le président guinéen dans cet hebdomadaire.

Antisémitisme : Filoche a la haine

En France, la semaine a été marquée par un tweet posté puis retiré par le socialiste Gérard Filoche, un tweet antisémite mettant en scène Emmanuel Macron. A la suite de ce scandale, mardi dernier, le Parti socialiste a décidé d’exclure Gérard Filoche.

« De l’avis des socialistes qui le connaissent le mieux, Gérard Filoche a fini par perdre le contact avec le réel depuis l’élection d’Emmanuel Macron, énonce Marianne. Il est entré dans une rage folle et s’est convaincu que les forces de l’argent dirige la France ».

Et comme, pour se défendre, Gérard Filoche a prétendu qu’ « Hitler a été choisi par le capitalisme, et être anticapitaliste c'est être antiraciste », Le Canard Enchaîné lui rétorque que « Hitler aimait les bergers allemands et la bière, donc détester les bergers allemands et la bière c'est être antiraciste »… Fermez le ban !

Cette affaire intervient un moment où, en France, le débat s’envenime au sujet d’un antisémitisme réel ou supposé d’une partie de la gauche. Pour l’hebdomadaire Le Point, en tout cas, pas de doute, « le cas Filoche en dit long sur la montée de l’antisémitisme dans les milieux d’extrême gauche, alors que la plupart des élites ont baissé les bras. Certes, celui-ci est plus ou moins conscient, gras, sournois, mais il est en marche. A nous de l’arrêter (…) Ecoutons Manuel Valls, notre Don Quichotte national, rempart contre la haine et la bêtise, ou encore Mario Stasi, grand avocat, nouveau président de la Licra. A l’évidence, ils sont de moins en moins seuls », veut croire Le Point.

Selon un autre avis exprimé dans cet hebdomadaire, on assiste bien à une « résurgence d’un antisémitisme de gauche » en France. « C’est bien connu, grince ce magazine, être de gauche prémunit contre toute dérive antisémite. Allons donc. Si vous êtes trop jeune pour avoir connu les applaudissements gauchistes au massacre des athlètes israéliens à Munich par septembre noir, en 1972, vous avez entendu parler de Ken Livingstone. " Ken le rouge ". L’ancien maire de Londres, a été suspendu du Parti travailliste pour avoir proclamé que " Hitler était sioniste ". Ce type de dérapages se multiplient, ces derniers temps, au sein de la gauche islamisto-compatible », estime Le Point.

Francophonie : l’avenir africain

Les Echos-Week-End fête son 100e numéro. L’occasion pour le supplément magazine du quotidien économique français de poser cent questions, par exemple celle –ci : « Quel est le mot le plus prononcé sans être traduit ? ». Réponse, le mot « OK ». Où celle –ci : « quelle est la première ville francophone du monde ? ». Réponse, Kinshasa. « La métropole kinoise mérite bien sa couronne de capital de la francophonie, confirme les Echos-Week-End. Sur les dix premières villes francophones, huit se trouve sur le continent africain, avec, outre Kinshasa, Abidjan, Dakar, Casablanca, Yaoundé, Douala, Ouagadougou et Alger. La Québécoise Montréal arrive en quatrième position », complète cet hebdomadaire dans son 100e numéro. Bon anniversaire, Les Echos-Week-End !

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