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Chronique des matières premières

Quel avenir pour le nickel calédonien ?

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Une photo prise le 23 juillet 2016 montre le site de l'usine KNS (Koniambo Nickel SAS) en Nouvelle-Calédonie.
Une photo prise le 23 juillet 2016 montre le site de l'usine KNS (Koniambo Nickel SAS) en Nouvelle-Calédonie. Théo Rouby / AFP

Le minerai de nickel est la ressource principale de la Nouvelle-Calédonie. De sa gestion dépend l'avenir du territoire du Pacifique, qui reçoit le Premier ministre français, à quelques mois d'un référendum-clé.

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Edouard Philippe s'est envolé pour la Nouvelle-Calédonie. À moins d'un an du référendum d'autodétermination de l'archipel, l'avenir de la filière nickel sera fatalement au menu des discussions entre le chef du gouvernement français et ses hôtes calédoniens.

Le nickel, 20% du PIB d'un territoire qu'on surnomme d'ailleurs le « Caillou », c'est l'ossature de l'économie calédonienne. Et le coeur des pactes successifs de 1988 et 1998 pour redistribuer les richesses de l'île avec les indépendantistes calédoniens.

La province Nord où ils sont majoritaires a hérité de l'exploitation du massif de Koniambo très riche en nickel, elle y a construit avec Glencore une unité de raffinage des plus modernes, avec pont roulant reliant la mine à l'usine. Une façon de rééquilibrer la présence plus que centenaire de la Société Le Nickel dans la province Sud, même si aujourd'hui toutes les provinces et les îles sont entrées au capital de cette filiale d'Eramet, en partie détenue par l'État français, qui a sauvé l'entreprise l'an dernier après l'effondrement des cours.

Cette usine historique située dans la rade de Nouméa continue de recevoir du minerai par bateau de divers gisements de l'archipel. Elle est de plus en plus remise en cause pour des raisons environnementales. Une usine moderne créée par Vale dans la province Sud cherche elle un nouvel actionnaire pour l'aider à financer le stockage de ses déchets de production.

On le voit, la localisation des usines comme la répartition de la ressource continue de poser questions. De même pour la valorisation du minerai pauvre, il n'est pas traité sur l'archipel, ce ne serait pas rentable. Certains le vendent à la Chine ou au Japon. La province Nord a choisi d'entrer au capital des usines Posco de Corée du Sud et bientôt d'un autre destinataire chinois pour en tirer des dividendes.

Sur tous ces thèmes, la Nouvelle-Calédonie manque d'une véritable stratégie commune du nickel, déplore Didier Julienne, expert des métaux. Elle manque aussi d'une véritable stratégie pour se diversifier. Car le nickel, s'il a de nouveau la cote grâce à l'engouement pour les véhicules électriques, peut à nouveau subir des revers de fortune. Dès l'an prochain, l'Indonésie va revenir sur le marché et peut-être faire rechuter les cours. Ce qui aurait à nouveau de graves conséquences pour le nickel calédonien.

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