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Chronique des matières premières

Uranium: les groupes miniers réduisent drastiquement leur production

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Minerai d'uranium.
Minerai d'uranium. ©creative commons

Face à la surproduction d'uranium qui s'est installée depuis la catastrophe de Fukushima, les groupes miniers réduisent leur activité. Dernier en date, Kazatomprom, le fournisseur kazakh, numéro un mondial.

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Kazatomprom, le géant kazakh de l'uranium, va réduire sa production minière de 20% sur trois ans. 11 000 tonnes d'oxyde d'uranium seront retirées du marché d’ici 2020. Dont 4 000 tonnes dès l'an prochain: cela représente 7,5% de la production minière mondiale.

On ne s'attendait pas à un tel sacrifice du groupe kazakh : il a les coûts de production les plus faibles au monde, ce qui lui a permis de quintupler sa production en 10 ans. Mais les prix de l’uranium sont tellement faibles que le leader mondial est obligé d’imiter ses concurrents.

Du Kazakhstan au Niger

Début novembre, le Canadien Cameco, le numéro deux, décidait de suspendre l’activité de sa mine géante de McArthur River, elle produit 6 000 tonnes d'uranium par an. 800 salariés seront au chômage technique en 2018. Le Français Areva, numéro trois mondial, d'ailleurs actionnaire à plus de 30% de cette mine canadienne, avait précédé le mouvement, en annonçant, en octobre, la suppression de 200 postes directs à la Somaïr, l'une de ses filiales au Niger, pour baisser sa production de 800 tonnes dans ce pays (moins 20%).

Une demande croissante mais trop de stocks de combustible

Il s'agit pour les groupes miniers de réduire l'excédent mondial d'uranium qui plombe les prix. Pendant toute l'année 2017, la livre d'oxyde d'uranium n'a pas décollé des 18 à 20 dollars. Elle valait plus de 135 dollars en 2007 et encore 40 dollars en mars 2011, juste avant la catastrophe de Fukushima.

Depuis, même si la demande augmente régulièrement, le redémarrage des réacteurs japonais se fait attendre. Du coup la surabondance d'uranium inutilisé maintient les prix très bas sur le marché spot de l'uranium, hors des contrats à long terme : il y a trop de production minière comme de production secondaire, recyclée ou d'origine militaire. D'ailleurs le Département américain de l'Energie a renoncé au printemps dernier à vendre une partie de ses réserves pour ne pas encombrer davantage le marché. Il y a en outre les stocks qu'ont les opérateurs des centrales eux-mêmes.

En réduisant la voilure, les groupes miniers espèrent donc un petit électrochoc sur le marché de l'uranium, mais pas une envolée des prix.

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