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Brésil: Volkswagen et la dictature militaire des années 60 à 80

Audio 03:42
Une voiture Volkswagen (la célèbre Coccinelle) aux couleurs du Brésil.
Une voiture Volkswagen (la célèbre Coccinelle) aux couleurs du Brésil. AFP/Raphael Alves

Le travail de mémoire... de nombreuses entreprises allemandes s’y sont consacré sur le tard en confiant à des historiens la tâche de tirer au clair leurs liens sous le IIIe Reich. C’est à un travail comparable que vient de se consacrer le constructeur automobile Volkswagen. Il ne concerne pas l’Allemagne nazie cette fois mais le Brésil sous la dictature militaire du milieu des années 60 aux années 80 et les liens de l’entreprise avec le régime.

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L’étude indépendante remise par l’historien allemand Christofer Kopper évoque une collaboration entre certains membres du service de sécurité de Volkswagen au Brésil et la police politique du régime militaire. Cette collaboration dans les années 70 aurait conduit à l’arrestation d’au moins sept salariés à une époque où il était de notorité publique que la torture était pratiquée par le régime.

L’étude estime en revanche qu’il n’y a pas d’éléments prouvant que Volkswagen a soutenu la prise de pouvoir de la junte militaire en 1964. Mais le constructeur automobile allemand voyait plutôt ce tournant favorablement, estimant qu’il stabilisait le pays et conduirait à une politique favorable aux entreprises et plutôt répressive pour les syndicats. Le premier patron de la filiale brésilienne de Volkswagen créée en 1953 était un ancien nazi.

La Commission vérité au Brésil à l'origine du rapport

Si l’entreprise a franchi ce pas, c’est à la suite des travaux de la commission vérité au Brésil consacrée aux crimes de la junte militaire. Le récit d’un ancien salarié de Volkswagen particulièrement critique contre son ancien employeur a d’ailleurs débouché sur des plaintes sur place qui sont encore traitées par la justice brésilienne. Confier une étude à un historien indépendant est aussi le moyen pour Volkswagen de montrer que l’entreprise assume son passé. Le constructeur automobile allemand est le premier à franchir un tel pas. Le président de Volkswagen Brésil a présenté ses excuses aux personnes concernées. Une plaque rappelant les faits a été dévoilée cette semaine. Mais cette démarche et loin d'être innocente sur un marché aussi important pour Volkswagen. L’amélioration de la réputation du constructeur pourrait être favorable à ses résultats économiques.

Des réactions mitigées

Les victimes de la répression de l’époque, livrées en quelque sorte au régime par Volkswagen, ont boycotté la cérémonie. Ils estiment que l’entreprise veut juste se refaire une virginité, sans reconnaître sa responsabilité directe. L’étude historique estime qu’aucun « indice clair n’a pu être trouvé sur une collaboration avec la police politique institutionnalisée par l’entreprise ». Les responsables de la sécurité de Volkswagen auraient pris eux-même des initiatives. Une version contestée par ailleurs par les recherches de plusieurs médias allemands.

Autre conséquence de ces polémiques. Le voyage cette semaine d’un haut dirigeant du siège de Volkswagen au Brésil a été annulé. Le constructeur automobile s’était déclaré prêt à indemniser ses anciens salariés victimes de la répression politique. Comme Volkswagen l’avait fait ainsi que de nombreuses entreprises allemandes il y a une quinzaine d’années pour les travailleurs forcés de l’Est sous le IIIe Reich. Les responsables de la filiale brésilienne de Volkswagen ont déconseillé à l’entreprise une telle démarche craignant des conséquences financières.

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