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Reportage Afrique

Gambie: une association protège la tortue verte surtout en période de reproduction

Audio 02:15
Une tortue verte retourne à la mer après avoir pondu ses oeufs.
Une tortue verte retourne à la mer après avoir pondu ses oeufs. Getty Images

Les tortues marines sont en danger dans le monde, notamment en Afrique de l’Ouest où elles viennent pondre leurs œufs. Les plages gambiennes attirent essentiellement des tortues vertes. Mais au fil des ans, elles se sont raréfiées. Avec l’érosion des plages, la multiplication des prédateurs, et le braconnage, elles ne parviennent plus à se reproduire en nombre suffisant. Un projet a alors vu le jour à Kartong, au sud de Banjul. « SOS Turtles » vise à protéger les nids en période de pondaison (entre juillet et novembre), pour permettre à un maximum d’œufs d’éclore et aux bébés tortues de rejoindre la mer. Une action menée en concertation avec les populations pour mettre fin à la chasse aux tortues et à la consommation de leurs œufs.

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« Là je patrouille. Je marche sur le rivage et je surveille si une tortue vient pondre cette nuit. » Depuis son enfance, tous les soirs, Landing Jatta arpente la plage de Kartong. Sauf que depuis trois ans tout a changé pour lui : alors qu’il chassait les tortues pour de l’argent, il est désormais devenu leur protecteur :

« Il y a plusieurs années, quand je suis allé les chasser, j'en ai trouvé beaucoup moins comparé aux années précédentes. J’ai réfléchi et je me suis dit que c’était peut-être à cause de notre habitude à nous, chasseurs, de les tuer les mères, et de prendre les œufs pour les vendre. Alors je me suis dit pourquoi ne pas arrêter de les tuer, et commencer à les protéger. »

Il a alors été embauché par l’association « SOS Turtles ». Aujourd’hui surnommé « Papa Tortue », il collecte les œufs pondus sur la plage, pour les mettre en lieu sûr dans un enclos, le temps de leur incubation : « Ils passeront ici 40 à 60 jours avant d’éclore. Ensuite, je transporte les nouveau-nés et les dépose sur le rivage, pour les libérer. Ils vont alors ramper jusqu’à l’eau, puis commencer à nager. »

Mais la sauvegarde des tortues passe aussi par la sensibilisation des habitants de Kartong… Elle semble avoir porté ses fruits s’il on en croit Fatou : « Avant on tuait les tortues parce qu’on n’avait aucune idée de leur importance. Mais avec leur action sur les algues, elles attirent les poissons, et ça c’est très important pour nous, en Gambie. »

Les tortues vivantes sont aussi un atout touristique. Maurice Philips est le gérant de l’hôtel qui a lancé et financé l’initiative : « On propose aux gens de payer pour suivre une patrouille de nuit, et aussi pour assister au moment où l’on relâche les bébés tortues en mer. On pense que c’est une façon de rendre notre action durable. »

Landing a déjà vu éclore les œufs de 40 nids depuis le début de la saison. Et pour rien au monde il renoncerait à son nouveau rôle de patrouilleur : « Pendant ces deux heures, je parcours environ 6 kilomètres, en marchant. Je réfléchis beaucoup. Est-ce qu’elles vont survivre ou pas ? Tous les soirs, je suis là. C’est moi, Dieu, et mes tortues. »

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