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Hongrie: les partis d'opposition sous pression à l'approche des législatives

Audio 03:30
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 10 février 2017 à Budapest.
Le Premier ministre hongrois Viktor Orban, le 10 février 2017 à Budapest. REUTERS/Laszlo Balogh

Pour être sûr de gagner les élections législatives, dans trois mois, le Premier ministre nationaliste Viktor Orban a une recette : imposer une course d’obstacles à ses adversaires. La Cour des comptes vient d’infliger de lourdes amendes à presque tous les partis d’opposition.

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De notre correspondante à Budapest,

Après le parti d’extrême-droite Jobbik, qui s’est vu infliger une énorme amende de 2 millions d’euros le 6 décembre dernier, cette semaine, c’est le tour de six autres partis d’opposition. Ils écopent d’amendes qui vont de 1 500 à 7 000 euros. Cela risque de les empêcher de mener une vraie campagne électorale.

Pourquoi ces amendes ?

Par exemple « Ensemble », un petit parti centriste qui n’a qu’un seul député au Parlement, est accusé de louer des bureaux à un prix inférieur à celui du marché, ce qui est interdit par la loi. En fait, le parti loue un appartement vieillot, sans eau chaude dans les sanitaires, pour 1 800 euros. Même au centre de Budapest, ce n’est pas bon marché, c’est même carrément cher.

Il y a moins de deux ans, la Cour des comptes avait examiné les dépenses de ce parti sans rien trouver d’anormal. Donc, ces amendes semblent être une attaque politique. Sans doute pour punir ces petits partis d’opposition d’avoir manifesté vendredi dernier avec l’extrême-droite par solidarité avec le Jobbik, qui a reçu une amende phénoménale. Vendredi dernier, les centristes disaient : on proteste parce que ça peut nous arriver à nous aussi ! Les représailles n’ont pas tardé.

Derrière ces événements, une guerre froide entre Viktor Orban et l’extrême-droite

Une guerre froide, oui. D’autant plus que le Jobbik est aujourd’hui soutenu par un oligarche, ancien allié Viktor Orban. Lajos Simicka, c’est son nom, est l’ami d’enfance d’Orban, son confident, son trésorier. Simicka, c’est l’homme de l’ombre qui a bâti le parti d’Orban, surtout au plan économique. Un beau jour, les deux amis ont rompu.

Pourquoi ?

Simicksa n’a pas supporté que Viktor Orban se rapproche autant de la Russie de Vladimir Poutine. L’ancien trésorier a alors décidé de soutenir le parti d’extrême-droite, première formation d’opposition en Hongrie. Au printemps dernier, le Jobbik a posté de grandes affiches dans tout le pays. Elles représentaient Viktor Orban et son équipe, avec un slogan fort : « Ils pillent le pays et vous, vous travaillez. » Une allusion à la corruption qui gangrène le régime. Viktor Orban a d’abord réagi en interdisant l’affichage public en dehors des périodes électorales. Cette fois, il pénalise le Jobbik pour l’asphyxier financièrement à trois mois des élections.

L’extrême droite peut-elle battre Viktor Orban aux élections ?

Il y a très peu de chances. Selon un sondage publié jeudi 21 décembre, le parti de Viktor Orban est créditée de 33 % d’intentions de vote. Les autres sont loin derrière. L’extrême-droite est à 9 %, les socialistes à 8 % et certains petits partis ont moins de 5 %. L’écart est tellement grand qu’on ne voit pas comment Viktor Orban pourrait être battu. Mais la paranoïa semble gagner le régime. Mais comme Vladimir Poutine, Viktor Orban n’hésite pas à utiliser les institutions d’Etat, comme la Cour des comptes, pour terrasser le plus insignifiant de ses adversaires.

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