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Chronique des matières premières

Chine: l’interdiction d’utiliser du charbon provoque une pénurie de gaz géante

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La place Tiananmen sous un ciel bleu le 24 decembre 2017.
La place Tiananmen sous un ciel bleu le 24 decembre 2017. ©REUTERS

En Chine, la guerre contre la pollution fait des « victimes collatérales » : des millions de foyers se sont retrouvés dans le froid ces dernières semaines. Pour améliorer la qualité de l’air, Pékin avait interdit à 28 grandes villes du nord de la Chine de brûler du charbon cet hiver. Du coup, les prix du gaz, censé le remplacer, ont explosé. Pire : fin novembre, le Hebei la province qui entoure Pékin a lancé une alerte orange – le gaz manque.

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Pékin est dans l’embarras. Comment parer à la pénurie du gaz dans tout le nord de la Chine ? Pour satisfaire la demande, le géant Petro China a commencé à pomper 20 milliards de mètres cubes de gaz naturel du Xinjiang dans l’ouest du pays, vers la capitale et ses environs. Le sud aussi a promis de dépanner le nord.

A qui la faute ? Sous la pression du gouvernement central, avide de prouver que sa « guerre contre la pollution » est enfin couronnée de succès, les autorités locales ont fait du zèle. La province du Hebei l’a admis : elle a connecté 2,3 millions de foyers au gaz, dépassant d’un tiers l’objectif dicté par la planification centrale, sans se soucier ni de l’approvisionnement, ni du fait qu’une partie des conduits sont encore en construction.

Résultat des courses : une demande en gaz 134% au-dessus de celle de l’année précédente, des prix qui explosent avec une augmentation de plus de 60% depuis septembre… et des millions de foyers, voire même des hôpitaux et des écoles laissés dans le froid d’un hiver glacial.

Face à cet échec d’une campagne anti-pollution trop hâtive et mal-coordonnée, le gouvernement rétropédale frénétiquement : fini l’interdiction de brûler du charbon pour chauffer les foyers là où le gaz n’est pas disponible, et une centrale thermique de Pékin pourtant mise à l’arrêt a repris du service. Le ciel bleu, qui -à la surprise générale- s’était installé sur Pékin, risque donc de disparaître à nouveau dans la brume jaunâtre de la pollution.

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