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Revue de presse française

A la Une: on nous cache tout on nous dit rien

Audio 05:54
selon une enquête menée par l'Ifop «  un Français sur dix envisagerait sérieusement qu’il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école.
selon une enquête menée par l'Ifop « un Français sur dix envisagerait sérieusement qu’il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école. REUTERS/NASA/Ames/JPL-Caltech/T. Pyle

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Cette chanson de Jacques Dutronc, écrite en 1966, est toujours d’actualité… Du moins pour nombre de Français qui pensent que les politiques, les journalistes, ou encore les scientifiques leur mentent… C’est ce qui ressort d’une vaste enquête menée par l’Ifop sur ce que l’on appelle le conspirationnisme ou le complotisme. Enquête à la Une de Libération ce matin, avec ce grand titre : « le côté obscur de la France »

Les chiffres sont éloquents, pointe le journal : selon cette étude, donc, « un Français sur dix envisagerait sérieusement qu’"il est possible que la Terre soit plate et non pas ronde comme on nous le dit depuis l’école". Pas moins de 35 % des sondés ne sont pas encore certains que le réchauffement climatique provient de la seule activité humaine. Un Français sur deux (55 %) considérerait que le ministère de la Santé pourrait être complice de l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité de la nocivité des vaccins à la population. Un sur trois penserait que le sida a été inventé en laboratoire. »

Le chiffre le plus affolant, pointe encore Libération : « 79 % de la population française adhérerait à au moins une des thèses complotistes les plus répandues : de la Nasa qui fabrique des images de l’alunissage de la mission Apollo, à l’existence d’un Nouvel ordre mondial qui régirait le monde en secret… la compromission de la CIA dans l’assassinat de JFK faisant partie du lot. »

Autre enseignement de cette étude, poursuit Libé, plus on est jeune, plus on est complotiste… De plus, « les sympathisants d’extrême droite et d’extrême gauche sont plus enclins que les autres à verser dans la théorie du complot. »

La vérité est ailleurs…

Et Libération de s’interroger : « qui est coupable du phénomène ? Personne. Tout le monde. La modernité. Car elle nourrit le complotisme. » Notamment par le biais d’internet qui propage tout et n’importe quoi à vitesse d’un clic.

Finalement, commente le journal, « c’est une pente naturelle de l’esprit humain : on croit toujours qu’un grand événement a des causes puissantes, et quand l’enquête montre qu’il n’en est rien, on suspecte un facteur occulte, secret, une manipulation. Un homme seul aurait tué John Kennedy, le leader le plus puissant de la planète ? Allons ! Une douzaine de terroristes armés de cutters auraient abattu à eux seuls les Twin Towers ? Allons ! La vérité est donc ailleurs : on l’entend depuis des siècles (…). La véritable nouveauté, c’est qu’au pays de la raison, des Lumières, de Descartes, de Voltaire et de Pasteur, une telle proportion de Français croient aux billevesées diffusées par la "complosphère". »

Enfin, cette réflexion de La Charente Libre : « dans un monde où la surinformation relativise tout sauf l’ignorance, la menace n’est pas la post-vérité mais l’extension de la crédulité. Il y a un bien remède mais c’est un gros mot et une utopie de gens heureux malgré tout: ça s’appelle l’éducation. »

Jeu de Go diplomatique

A la Une également, les tribulations de Macron en Chine…

Le président français s’engouffre dans la brèche, pointent les journaux, brèche ouverte par le vide européen provoqué par le Brexit et l'affaiblissement de Merkel ainsi que le retrait américain en Asie opéré par Donald Trump.

« Le chef de l’État l’a bien compris, pointe Le Figaro, même si la partie n’est pas sans risque : un invraisemblable jeu de go diplomatique vient de lui offrir une chance inespérée pour avancer ses pions dans cet empire à la gloire retrouvée. (…) À Pékin, il tentera de persuader Xi Jinping de rééquilibrer les échanges en ouvrant le marché chinois aux entreprises françaises, qui pourront accompagner la Chine dans la montée en gamme de son économie. »

La Voix du Nord n’est guère convaincue… « Comme tous les présidents français, Emmanuel Macron arrive en Chine avec en tête le mot "réciprocité" appliqué aux échanges économiques. Aura-t-il plus de succès ? Jusqu’à présent les espoirs de rééquilibrage sont restés enterrés, constate le quotidien nordiste. Malgré les ventes d’Airbus annoncées à chaque voyage et les cohortes de grands patrons embarqués dans l’avion présidentiel, le déficit avec la Chine ne fait que se creuser. »

Attention prévient L’Union, « si l’on ne change pas de braquet pour doper les échanges, ce voyage n’aura été que le temps d’un courtois bavardage entre gens bien élevés. »

Courtois, en effet, car Emmanuel Macron va se garder d’aborder le sujet qui fâche… à savoir les droits de l’homme.

Et pourtant déplorent Les DNA, « dans ce pays, les libertés individuelles sont quotidiennement bafouées, les prisons et les cimetières remplis d’opposants politiques, et l’an dernier, un prix Nobel de la paix (Liu Xiaobo) est mort dans les geôles du régime. Emmanuel Macron revendique le courage de parler vrai et à tout le monde ? C’est l'occasion parfaite, s’exclame le quotidien alsacien. Glisser un mot, un nom, comme François Mitterrand l’avait fait en son temps en Russie avec Sakharov, suffira. Un nom, un mot… »

On va râler mais ralentir quand même…

Enfin, 80 km/h maximum sur les routes à double sens : si la mesure du gouvernement fait polémique chez les automobilistes, les journaux sont plutôt pour…

A l’instar du Parisien : « jamais, depuis 45 ans, un gouvernement n’avait osé revoir à la baisse la vitesse légale sur les routes hors agglomération, pointe le journal. Sauf que les chiffres de la sécurité routière ne sont pas bons. Et que les Français sont peut-être mûrs pour le changement. »

En effet, précise Le Parisien, « il y a deux chiffres que personne ne peut contester : 2.188 morts et 11.560 blessés sur les routes départementales et nationales françaises en 2016. Autant de vies brisées. Par la vitesse, l’inattention, l’alcool, la prise de stupéfiants. Bien sûr, rouler à 80 km/h au lieu de 90 ne résoudra pas tout. Mais le symbole compte. Et qu’importent les batailles de chiffres sur les vies sauvées ! Une seule tragédie évitée et ce sera déjà gagné. Alors, conclut Le Parisien, on va râler… et ralentir quand même. »

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