Accéder au contenu principal
Revue de presse Afrique

A la Une: 7 ans après la révolution du jasmin

Audio 04:29
Des manifestants tunisiens face à face avec les forces de l'ordre à Tunis, le 12 janvier 2018.
Des manifestants tunisiens face à face avec les forces de l'ordre à Tunis, le 12 janvier 2018. REUTERS/Zoubeir Souissi

Publicité

14 janvier 2011 – 14 janvier 2018, cela fait donc 7 ans que la Tunisie s’est libérée du joug de Ben Ali, enclenchant ainsi une vague de révolutions dans le monde arable. 7 ans après donc, la presse fait le bilan.

« Les Tunisiens pourchassent toujours le rêve », constate le site d’information tunisien Webdo. « Après 7 ans, les Tunisiens attendent encore, rêvent encore de vivre dans un tel pays, sans corruption, sans dépassements policiers, sans détérioration du pouvoir d’achat, sans prêts, sans travail des mineurs, sans pouvoir absolu. »

« Certes le Tunisien est plus libre de ses faits et gestes. Et de ses paroles, reconnait L’Economiste maghrébin. Fini le temps en effet où tout un chacun se retournait pour observer qui l’écoute lorsqu’il émet la moindre critique. Fini le temps où le pays était quadrillé par un régime dictatorial qui disposait des citoyens comme les suzerains disposaient dans le Moyen âge de leurs vassaux. Mais force est de constater que cette liberté acquise a eu pour ainsi dire son revers de la médaille. Car, sur le plan économique, la situation n’a fait que se dégrader. »

Au-dessus du volcan

Et du coup, relève El Watan en Algérie, « la Tunisie marginalisée a grondé quelques jours avant la fête de la révolution pour dire aux politiciens que sa population était désabusée et voulait voir la concrétisation des promesses. Le calme est certes revenu grâce à l’action des forces de l’ordre et de l’armée, soutenues par une large frange de la population, opposée au pillage et au chaos. Toutefois, " c’est un signal qui ne trompe pas sur le volcan au-dessus duquel vit la Tunisie ", a indiqué Saïd Aïdi, ex-ministre de la Santé et président du parti Beni Watani. Gouvernement et opposition s’accordent à dire que la Tunisie traverse une grave crise économique, comme le prouvent les indicateurs macroéconomiques. »

« Les fleurs du Jasmin se sont-elles fanées ? », s’interroge pour sa part Le Pays au Burkina. « L’espoir, né de la chute de celui qui passait aux yeux de nombreux Tunisiens comme étant la source de leurs malheurs, est en train de s’estomper si ce n’est déjà fait. Si fait que ce qui devait marquer le début d’une ère nouvelle, faite d’espoirs de lendemains meilleurs, est en train de se transformer en véritable désillusion. En un mot, le fait d’avoir chassé le président Ben Ali, ne semble pas avoir réglé le problème existentiel des Tunisiens. (…) Car, si avec leur révolution, les Tunisiens peuvent se targuer d’avoir acquis la liberté, l’on ne peut pas en dire autant pour le pain qui reste encore largement à gagner. »

En effet, renchérit Aujourd’hui toujours à Ouaga, « la Révolution, fut-elle de Jasmin, et sentant bon, ne remplit pas le ventre, et lorsque le ventre est vide, l’urne sonne creux, et surtout, la rue peut devenir une pétaudière. Avec 650.000 chômeurs dont 250.000 diplômés universitaires, c’est une bombe sociale, qui a pour nom " Jeune ", et il faut y remédier au plus vite. A quoi bon passer d’une " dictature à une jeune démocratie ", si les jeunes n’ont que la misère comme viatique ? Et s’il faut prendre au mot le président Beji Caid Essebsi que " 2018 sera l’année de la jeunesse ", il reste à espérer que ce n’est pas une promesse faite pour que l’orage passe, et puis plus rien. Car dans ce cas, une seconde révolution ne serait pas une hypothèse d’école dans cette Tunisie de 2018. »

Reniements ?

Enfin, en France, le quotidien Le Monde s’interrogeait dans son édito de vendredi : « est-il normal que les sacrifices imposés par l’impératifque nul ne conteste de réduction des déficits publics frappent surtout la classe moyenne et les foyers les plus modestes, alors que les couches privilégiées restent sous-fiscalisées ? Est-il normal que la Tunisie soit actuellement le théâtre d’une présidentialisation de son régime politique, à laquelle s’emploie activement le chef de l’Etat, Béji Caïd Essebsi, à rebours de l’inspiration parlementaire de la Constitution de 2014 ? Est-il normal enfin que la coalition dirigeante formée autour des partis Nidaa Tounès (" moderniste ") et Ennahda (islamiste) se partagent les dépouilles de l’Etat en érodant insidieusement les contre-pouvoirs ?

Ces reniements, qui ouvrent la voie à une possible restauration autoritaire, tissent la toile de fond de la grogne actuelle, conclut Le Monde. Exiger des dirigeants tunisiens qu’ils honorent la promesse de 2011 est le meilleur moyen de garantir la stabilité de ce pays unique. »

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.