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Chronique des médias

Trump: des «fake news» qui ont un prix

Audio 02:36
Donald Trump à son arrivée au Capitole pour la cérémonie d'investiture, le 20 janvier 2017.
Donald Trump à son arrivée au Capitole pour la cérémonie d'investiture, le 20 janvier 2017. REUTERS/Lucy Nicholson

Donald Trump entretient des relations particulières avec les médias. Des relations composées de détestation mais aussi de fascination.

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On a beaucoup parlé cette semaine des fake news awards que Donald Trump a décerné aux principaux médias américains qui lui sont hostiles, à savoir CNN, le New York Times et le Washington Post. Cette pseudo-remise de prix, même si elle n’est qu’une provocation de plus, suscite des remous au sein de son propre camp puisque Fox News a critiqué sur son antenne cette opposition systématique aux médias et que deux élus républicains se sont émus de ce qu’elle signifiait : le sénateur John McCain soupçonne ainsi Donald Trump de vouloir « réduire au silence les journalistes » avec ses accusations de fake news. Et son collègue Jeff Flake rappelle que quand un président qualifie la presse d’« ennemi du peuple », il reprend les mots qu’utilisait un certain Staline « pour décrire ses ennemis ».

Alors on peut disserter à l’infini sur cette détestation mélangée de fascination envers ceux qui le détestent que Donald Trump met en scène. On peut disserter sur son goût immodéré pour Twitter qui l’amène, dès cinq heures du matin, à twitter contre les médias. Et c’est vrai que selon le Pew Research Center, la couverture médiatique sur Trump a quatre fois plus de chances d’être négative que positive. Mais la question qui se pose est de savoir pourquoi il attire à ce point l’attention sur les médias et leur soi-disant fake news.

Il s’agit d’abord, sans doute, de retourner l’accusation faite contre lui. Le Washington Post a dénombré 2 000 contre-vérités du président en un an. Or, aujourd’hui le grand public ne sait plus qui dit la vérité. Sur l’ingérence russe pendant les élections, par exemple, est-ce que Donald Trump est réellement impliqué alors que la chaîne ABC a suspendu le journaliste qui avait rapporté à tort qu’il avait donné l’ordre à un conseiller de contacter le Kremlin ? L’idée de vérité alternative, de post-vérité peut alors faire son chemin.

Ensuite, comme le note l’universitaire Jean-Eric Branaa dans Atlantico, il ne faut jamais oublier son best-seller l’Art du deal. Dans ce livre, Trump explique qu’il est nécessaire de « créer un chaos artificiel, afin de mieux prendre l’ascendant sur son adversaire ». Or, quand il met l’accent sur les fake news, les médias se raidissent, protestent au nom de la démocratie et finalement font le jeu de Trump. Car, le président crée ainsi l’illusion qu’il continue de combattre pour sa base, contre l’establishment, contre les privilégiés de la cote Est, alors même que sa réforme fiscale favorise les grandes entreprises ou les plus aisés et que le petit peuple qui l’a élu a du mal à voir des changements positifs dans sa vie quotidienne.

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