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Revue de presse française

A la Une: Carrefour à la croisée des chemins

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Le géant français de la distribution a cédé sa première place dans l'hexagone à Leclerc, en 2017.
Le géant français de la distribution a cédé sa première place dans l'hexagone à Leclerc, en 2017. REUTERS/Paulo Whitaker/File Photo GLOBAL BUSINESS

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Le géant français de la distribution, qui a cédé sa première place dans l’Hexagone à Leclerc l’année dernière, veut retrouver un second souffle. Et c’est un « coup de tabac social et financier », comme le qualifie Libération que le jeune PDG du groupe, Alexandre Bompard, a annoncé hier. « 4 500 emplois vont être supprimés et près de 300 magasins de proximité sont promis à la vente. Sans compter les cinq hypermarchés voués à l’externalisation. En clair, ces derniers conservent l’enseigne Carrefour, mais sont récupérés par un indépendant qui est censé maintenir les salariés en poste dans le magasin. Cet électrochoc intervient alors que Carrefour demeure en relative bonne santé financière. Son chiffre d’affaires mondial et son bénéfice d’exploitation sont quasi stables depuis cinq ans. L’an dernier, le groupe a dégagé tout de même 2 milliards d’euros de bénéfice d’exploitation. » Et Libération de s’interroger : « Faut-il y voir alors des licenciements boursiers ? Certainement pas, répond Carrefour, qui met en avant la baisse de ses parts de marché face à la concurrence et son retard dans le développement du commerce électronique. »

Stratégie financière ?

Non, s’exclame Le Monde : « les recettes du nouveau PDG visent, pour l’essentiel, à abaisser les coûts, tout en faisant disparaître les foyers de pertes. Une stratégie plus financière qu’opérationnelle, qui a surtout pour objectif de répondre à l’impatience des principaux actionnaires, déçus par l’évolution du cours de Bourse. Les mesures annoncées sont de nature à le faire remonter à court terme, mais rien ne dit qu’elles seront suffisantes pour restaurer ce fleuron de l’économie française. »

L’Humanité ne cache pas sa colère : « le géant de la distribution réalise 1 milliard de profits en 2017, mais supprime 4 500 postes… Le capital décide, le travail subit. Macron est le héros des multinationales : dans le partage des richesses, il veut accélérer le processus en cours depuis trente ans au nom de la fable du “ruissellement”. Le bénéfice au capital, plus jamais aux travailleurs. Tout pour certains, rien pour les autres. »

En effet, renchérit L’Alsace, « des salariés dépités d’un côté, des actionnaires ravis de l’autre… Ainsi tourne la roue du capitalisme mondial. Le remède de cheval présenté hier par la direction du groupe Carrefour pour redresser la situation du géant français de la distribution a ravi les investisseurs financiers en même temps qu’il plongeait les employés dans le désarroi et la colère. »

En voie d’« Amazonisation »

Comment en est-on arrivé là ? Carrefour n’a pas su s’adapter ces dernières années aux nouveaux modes de consommation… C’est ce qu’explique La Croix : « la grande distribution, au fil du temps, est devenue une industrie et même une industrie lourde. Le problème est que cette industrie est arrivée à la fin d’une époque. Elle doit affronter de nouveaux concurrents et répondre à de nouvelles attentes des consommateurs alors qu’au fil des années ses structures se sont alourdies. D’où l’ampleur   et la sévérité   du plan de transformation annoncé hier par Carrefour. En termes de concurrence, précise La Croix, Carrefour subit l’impact de la montée en puissance du commerce électronique, y compris pour l’alimentaire. De plus en plus de consommateurs préfèrent être livrés   ou, à tout le moins, aller chercher une commande dans un dépôt   plutôt que de se rendre en voiture dans un magasin pour arpenter les travées avec un chariot. Les clients sont aussi plus fortement demandeurs de qualité alimentaire. C’est à ces attentes que Carrefour va s’employer à répondre. La transition sera rude. »

Et on peut se demander, soupire La Charente Libre, « combien parmi les 660 000 employés du secteur seront encore présents dans dix ans. Parce que la grande distribution est en voie d’“Amazonisation”. Un e-continent qui ne transformera pas les caissières en préparatrices de commande puisque les robots s’en chargeront (…). »

Les Kurdes, éternels floués…

A la Une également, l’offensive turque dans l’enclave kurde d’Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie…

« La Turquie refuse absolument, pointe Libération, que les forces kurdes du YPG, les Unités de protection du peuple, puissent unifier leurs territoires et rester déployées le long de sa frontière. » Le YPG qui est pourtant soutenu par les Américains et par les alliés occidentaux dans la lutte contre Daech. Les Russes, eux, laissent faire la Turquie. Les Américains et les Européens appellent à la retenue…

Le quotidien Le Monde s’inquiète : « quelle qu’en soit l’issue, les affrontements en cours dans la région d’Afrine menacent déjà les objectifs de stabilisation portés par la coalition internationale en Syrie et laissent craindre une nouvelle phase de conflit, alors que la lutte contre l’EI s’achève à peine. »

« Depuis un an, la cause kurde recule inexorablement vers les limbes d’où elle croyait être sortie, soupire Ouest France. La répression post-coup d’État à Ankara ne laisse plus aucune marge au dialogue en Turquie. Le référendum de septembre au Kurdistan irakien n’a reçu aucun soutien, ni de l’Iran ni à Washington, Ankara ou Paris. Ce qui a permis aux troupes de Bagdad de reprendre Kirkouk, et avec elle les ressources du pétrole. Si les belligérants du conflit syrien retrouvent le chemin de Genève, ce sera pour un marchandage sans états d’âme. Pas même pour les tombeurs de Daech. »

Et finalement, s’exclame La République des Pyrénées, « quel malheur d’être kurde ! Tout au long de l’histoire d’une “nation” de quelque 30 à 40 millions de personnes partageant une même ascendance ethnique qui remonte à l’Antiquité, une même langue, une même culture, une même religion, les Kurdes ont subi les conséquences d’être dispersée sur quatre pays (Turquie, Syrie, Irak, Iran) et de n’être pris en compte par les grandes puissances qu’en fonction d’enjeux conjoncturels. »

Pas de pitié pour les jihadistes français

Enfin, « que faire des jihadistes français arrêtés en Irak et en Syrie ? », question posée par Le Figaro.

« La question de leur avenir judiciaire fait débat », pointe le quotidien de droite. Mais « à dire vrai, estime-t-il, nul n’a envie de s’apitoyer sur leur sort. Nous ne sommes pour eux que des ennemis à abattre. À ces traîtres, la nation ne saurait donc réserver le moindre égard. (…) Regrettant leur embrigadement dans le groupe État islamique, des terroristes seraient prêts au repentir. Mais que vaut la parole de ces hommes ou femmes fanatisés ?, s’interroge encore Le Figaro. Le procureur de la République de Paris, qui parle d’expérience, n’en donne pas cher lui-même. Quant à leurs enfants, François Molins n’hésite pas à affirmer qu’ils représentent des “bombes à retardement”. La France, conclut Le Figaro, n’a donc vraiment rien à espérer de leur retour. »

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