Chronique des matières premières

2017, l'année du retour de la croissance... des émissions de CO2

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Une mine de charbon dans le désert du Gobi, au sud de la Mongolie.
Une mine de charbon dans le désert du Gobi, au sud de la Mongolie. ©SOUTH GOBI RESOURCES / AFP

Les émissions de CO2 étaient en diminution depuis trois ans. Mais elles sont reparties à la hausse l'an dernier, malgré l'accord sur le climat, une étude d'Enerdata vient de le confirmer. Le retour de la croissance a entraîné une consommation plus grande d'énergies fossiles, en particulier en Chine. 

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2017 est bien l'année du rebond des émissions de CO2. En novembre dernier, les premières estimations qui allaient dans ce sens avaient fait mauvais effet pendant la COP23. Trois mois plus tard, le cabinet d'étude Enerdata confirme la tendance : la planète a émis 2 % de plus de dioxyde de carbone parce qu'elle a brûlé plus d'énergies fossiles qu'en 2016.

La Chine plus laxiste sur le charbon

Le rebond de la croissance a entraîné une demande accrue d'électricité en particulier en Chine. La consommation de charbon y est repartie à la hausse, Pékin ayant été plus laxiste sur la pollution. Nathalie Desbrosses, analyste chez Enerdata explique :  « Il y a eu un assouplissement des restrictions sur la production et l'importation du charbon en Chine, qui a fait que les Chinois ont pu importer et utiliser leur propre production domestique de charbon pour produire leur électricité. »

Plus 3,7 % de charbon consommé en Chine, +4 % en Inde... et même +1 % aux États-Unis, où le retour au plus sale des combustibles a été motivé par une augmentation des prix du gaz.

On a aussi brûlé plus de pétrole l’an dernier dans les pays occidentaux comme dans les pays asiatiques : + 6 % en Chine, +2 % en Inde, l’automobile y est en plein essor.

Plus de gaz consommé en Russie

Enfin, le gaz a lui aussi contribué à l'augmentation des émissions de CO2. C’est la moins polluante des énergies fossiles, mais sa consommation a augmenté de 50 % en Chine. La demande a également progressé dans des pays qui ont enfin renoué avec la croissance, comme la Russie. Pour Nathalie Desbrosses, « il y a des pays pour lesquels la dynamique économique n'était pas très bonne ces dernières années, je pense notamment à la Russie et au Japon. Et il y a eu un redressement, par exemple en Russie, qui a fait repartir la demande de gaz. »

Les chiffres du 4e trimestre 2017 ne sont pas encore intégrés à l'étude, ils dépendront de la consommation de chauffage dans l'hémisphère nord. Mais ils ne seront pas en mesure de changer la donne : c'est désormais certain, nous avons émis plus de CO2 en 2017 qu'en 2016.

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