Chronique des matières premières

Acier: une convalescence fragile

Audio 01:44
Des salariés de l'aciériste Ascometal lors d'un mouvement social en 2014 à Saint-Saulve, le site vient de fermer.  (image d'archives)
Des salariés de l'aciériste Ascometal lors d'un mouvement social en 2014 à Saint-Saulve, le site vient de fermer. (image d'archives) AFP PHOTO / BORIS HORVAT

Entre suppressions d'emplois chez Ascométal en France et résultats mirobolants du géant mondial ArcelorMittal, l'actualité de l'acier est riche en informations contradictoires, en apparence. Cette industrie va mieux mais elle est toujours menacée par les surcapacités, chinoises mais aussi européennes.

Publicité

En 2017, ArcelorMittal a plus que doublé ses bénéfices : 4 milliards et demi de dollars. Oublié le plongeon d'il y a deux ans, 8 milliards de dollars de pertes. Les résultats du géant mondial de l'acier sont les meilleurs depuis la crise de 2008 ! L'industrie de l'acier va mieux. La demande mondiale s'est redressée grâce au redémarrage de l'industrie automobile. Les marges sont revenues avec l'embellie des prix, passés en un an de 300 à 585 dollars la tonne en Europe.

Trop de capacités d’acier en Chine et en Europe

Cette meilleure santé de l'acier est aussi due au coup de frein des exportations chinoises. La Chine a cessé d'inonder le marché mondial de ses excédents d'acier, Pékin a été frappé par des mesures anti-dumping en Europe et aux Etats-Unis. Les autorités chinoises ont également volontairement diminué la production nationale d'acier pour des raisons environnementales. Mais il reste en Chine d'énormes capacités inutilisées qui ne demandent qu'à repartir. C'est toujours une menace pour l'acier européen, reconnaît Aditya Mittal, le directeur Europe d'ArcelorMittal.

Hauts fourneaux encore privilégiés

Les surcapacités européennes sont également une menace. Les aciéries européennes tournent à 70% seulement de leurs capacités, « C'est insuffisant pour assurer un équilibre entre l'offre et la demande, juge le cabinet spécialisé Laplace conseil. Au moindre ralentissement les prix risquent de replonger. » D'autant que les États européens, pour protéger l'emploi, favorisent encore les hauts fourneaux qui fabriquent des produits longs d'acier utiles dans le bâtiment, qui lui, ne redémarre pas en Europe.

Triste ironie ce sont les produits plats, les plus utiles aujourd'hui dans les biens de consommation, les moins polluants puisqu'ils recyclent de la ferraille plutôt que de brûler du minerai de fer et du charbon, ce sont ces aciéries électriques qui voient l'un de leurs sites fermer en France, à Saint-Saulve, décision du repreneur suisse d'Ascometal.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail