Accéder au contenu principal
Chronique des médias

L’audiovisuel public français en pleine refonte

Audio 02:32
Les locaux du groupe audiovisuel public français, France Télévisions
Les locaux du groupe audiovisuel public français, France Télévisions AFP PHOTO JEAN AYISSI

L’avenir de l’audiovisuel public en France va se décider dans les prochaines semaines, alors même que le CSA a décidé ce mercredi 31 janvier de révoquer le PDG de Radio France, Mathieu Gallet.

Publicité

Mathieu Gallet dira lundi devant les salariés de Radio France s’il dépose un recours contre la décision du Conseil supérieur de l’audiovisuel de le révoquer après sa condamnation pour favoritisme. Une condamnation pour laquelle il a fait appel et qui a été prononcée mi-janvier après son action à la tête de l’Institut national de l’audiovisuel, entre 2010 et 2014. A l’époque, Mathieu Gallet a eu recours à des sociétés de conseil sans respecter les procédures de passation des marchés publics.

Si la peine à laquelle il a été condamné est sérieuse -un an de prison avec sursis et 20 000 euros d’amende - si son argumentation de ne pas bien connaître les procédures est mal passée en première instance, il est un point sur lequel Mathieu Gallet peut espérer gagner en conseil d’Etat : ce sont les motifs de son éviction. Le CSA a bien sûr évoqué sa préoccupation des questions de déontologie, de conflit d’intérêt et de moralisation de la vie publique, mais c’est surtout son souci de faciliter le dialogue entre l’Etat et le PDG qui a été mis en avant.

Ce faisant, l’institution s’est-elle comportée davantage en autorité administrative qu’en instance indépendante ? La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, avait en tout cas tracé la route à suivre en parlant d’«exemplarité» des patrons d’entreprises publiques, en appelant Mathieu Gallet et le CSA à leurs responsabilités. L’instance de régulation a voulu éviter un conflit ouvert entre le groupe et le gouvernement, comme on a pu l’observer dans le passé. Elle a sans doute cherché à protéger les salariés et à défendre l’intérêt du public mais elle n’a pas vraiment démontré son indépendance.

La question est maintenant de savoir comment va s’organiser Radio France alors même qu’une grande réforme est prévue par Macron qui a qualifié de « honte » l’audiovisuel public. Un intérim est prévu et la procédure de nomination du nouveau président prendra plusieurs mois. En même temps, il faudra préparer une loi pour rapprocher les sociétés audiovisuelles publiques et les doter d’une holding commune, voire d’une présidence unique. En attendant France Télévisions, Radio France et France Médias Monde sont invitées à mettre en commun leurs moyens par exemple à travers une émission matinale mutualisée entre France Bleu et France 3. L’exemple de la BBC intéresse beaucoup le gouvernement pour sa capacité à exporter des productions internationales et ses synergies multiples. Mais il ne faut pas oublier que la BBC a toujours été une seule entreprise et qu’elle compte 21 000 salariés, soit 5000 de plus que l’audiovisuel public français.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.