Chronique des matières premières

L'industrie minière espère un changement de gouvernance en Afrique du Sud

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L'industrie minière sud-africaine attend plus de stabilité politique et d'avantage d'investisseurs. Elle compte pour cela sur le président de l'ANC et ancien syndicaliste des mines, Cyril Ramaphosa.
L'industrie minière sud-africaine attend plus de stabilité politique et d'avantage d'investisseurs. Elle compte pour cela sur le président de l'ANC et ancien syndicaliste des mines, Cyril Ramaphosa. REUTERS/Siphiwe Sibeko

Le grand forum annuel de l’investissement minier, Mining Indaba, s’est ouvert lundi 5 février au Cap, en Afrique du Sud. Le contexte mondial est meilleur, les prix des minerais et métaux sont plus rémunérateurs que l’an dernier. Pourtant l’industrie minière n’a jamais été aussi réticente à investir en Afrique du Sud.

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Les résultats du sondage de la Chambre sud-africaine des mines, délivrés au premier jour de Mining Indaba, sont sans appel : malgré l’embellie des cours des métaux, un tiers des 16 entreprises interrogées et représentant 80 % de la production minière du pays n’ont aucun projet d’investissement en Afrique du Sud cette année. L’une des entreprises envisage même de quitter le pays.

Charte minière dans l’impasse

L’incertitude juridique est trop forte estime le secteur minier sud-africain. La nouvelle charte minière en particulier n’est pas applicable. Décrétée en juin dernier par le gouvernement, elle impose au moins 26 % d’actionnaires noirs, mais elle a fait l’objet de quatre recours. Parallèlement, l’amendement à la loi sur les ressources pétrolières et minières se fait attendre depuis... 2012 !

Le directeur de la Chambre sud-africaine des mines tire à boulets rouges sur le ministre des ressources minières Mosebenzi Zwane, qu’il estime incompétent et par ailleurs décrédibilisé par une récente affaire de corruption.

L’espoir d’une meilleure gouvernance

L’industrie minière sud-africaine attend donc beaucoup du nouveau président de l’ANC, Cyril Ramaphosa. L’ancien militant anti-apartheid et syndicaliste des mines devenu puissant homme d’affaires a été élu à la tête de l’ANC en décembre dernier, et selon le vice-président de la compagnie Anglo American, qui s’exprimait lundi au Cap, c’est « un premier pas » vers une stabilisation de l’environnement politique.

Pénurie d’électricité et d’eau

Mais pour que l’Afrique du Sud relance son industrie minière, après avoir perdu 70 000 emplois en cinq ans, il reste beaucoup d’obstacles à lever : outre l’obstacle réglementaire, la défaillance des infrastructures ferroviaires et portuaires et les pénuries d’électricité, qui ont récemment maintenu 950 employés d’une mine d’or sous terre deux nuits consécutives.

Pénurie chronique d’électricité, mais aussi pénurie chronique d’eau. Les participants de Mining Indaba ont pu la constater eux-mêmes au Cap : impossible d’utiliser l’eau du robinet. Du gel hydro-alcoolique leur a été distribué, et ils ont mangé dans de la vaisselle biodégradable.

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