Chronique des matières premières

Le réveil des marchés céréaliers

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Dans les pays en développement, la demande en céréales est déjà insatiable, de l'Afrique du Nord à l'Indonésie.
Dans les pays en développement, la demande en céréales est déjà insatiable, de l'Afrique du Nord à l'Indonésie. ©REUTERS/Dondi Tawatao

Maïs, blé, soja... les prix des céréales sortent de leur torpeur. Depuis une dizaine de jours les fonds d'investissement parient à nouveau sur les matières premières agricoles. Les pays importateurs acceptent aussi de payer plus cher leurs cargaisons.

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Le réveil a sonné pour les prix des céréales. Depuis 2012 les cours des produits agricoles étaient bas, très bas, avec une volatilité très faible - un encéphalogramme plat. Et bien c'est terminé. Les fonds d'investissement ont cessé de parier à la baisse des prix agricoles. « Depuis une dizaine de jours, les fonds rachètent leur position, constate le cabinet de conseil Agritel. Ils sont en train de passer longs sur le soja, longs sur le maïs, et en blé, ils diminuent fortement leur position baissière. »

A nouveau refuge des investisseurs

Le retour en vogue des matières premières agricoles coïncide avec la baisse de régime des marchés boursiers. Les investisseurs anticipent le retour de l'inflation. Ils ne veulent plus mettre tous leurs œufs dans le même panier, à savoir les marchés d'action. « Le marché du travail américain se tend, les salariés les plus pauvres en profitent, il n'y a qu'à voir les hausses de salaire chez Walmart, le géant américain de la distribution, constate Offre et Demande agricole, les achats dans l’alimentaire vont s’accélérer. » Dans les pays en développement, la demande en céréales est déjà insatiable, de l'Afrique du Nord à l'Indonésie.

Rebond des céréales sur le marché physique

Cette fringale de céréales, dopée par la croissance mondiale, commence à se faire sentir sur les prix. L'Egypte et l'Algérie ont consenti à payer plus cher, à chacun de leurs deux derniers appels d'offres de blé. On est passé de 190 dollars en début d'année à 210 dollars la tonne de blé quittant les ports, près de 10% de hausse.

Il est grand temps, pour les céréaliers. Ils cultivent à perte pratiquement sur tous les continents. Découragés, ils produiront moins de céréales en 2018-2019 que la planète n'en consommera. Les stocks encore confortables combleront le déficit.

La récolte russe plus que jamais scrutée

Mais si un accident climatique majeur survient, les prix pourraient s'envoler. On connaîtra au printemps l'effet de la sécheresse dans les plaines américaines et argentines, celui des pluies trop fortes au Brésil. Mais la surprise peut venir jusqu'au mois de juin de Russie, où la récolte est très variable. Etant donné que c'est aujourd'hui le pôle principal des exportations mondiales, cela mettrait le feu aux marchés céréaliers.

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