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Chronique des matières premières

La Chine lance son premier contrat à terme sur le pétrole à Shanghai

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A 60 dollars le baril, le pétrole disponible de suite est le mieux valorisé, ce qui va dégonfler les stocks.
A 60 dollars le baril, le pétrole disponible de suite est le mieux valorisé, ce qui va dégonfler les stocks. REUTERS/Brendan McDermid

La Chine est devenue le premier importateur de pétrole au monde l’an dernier, devant les États-Unis. Alors elle s’offre un contrat à terme sur les prix du brut à la Bourse du Shanghai. C’est la première cotation du pétrole en yuan, la monnaie chinoise. Pas évident que ce marché financier prenne de l’ampleur, mais le lancement est plutôt réussi

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Pour son premier jour de cotation à Shanghai le pétrole a connu une activité très dynamique. Pas moins de 20 millions de barils « papiers » échangés, c’est ainsi qu’on appelle les contrats financiers qui permettent de spéculer sur les prix du brut, mais avant tout de compenser les risques liés au commerce des « vrais » barils.

Aux petites heures asiatiques, le volume d’échange à Shanghai a dépassé celui de Londres, la Bourse de référence mondiale pour le pétrole.

Glencore, Trafigura, Shell : des risques limités

Les plus gros opérateurs pétroliers occidentaux ont répondu présents à Shanghai. Glencore, Trafigura et Mercuria, les plus grands traders de pétrole, ont joué le jeu, en effectuant des transactions sur ce marché de matières premières chinois, le premier ouvert aux entreprises étrangères n’ayant pas forcément de base en Chine. Du côté des majors, Shell, la compagnie néerlandaise, a selon Reuters conclu un accord avec son client chinois Sinopec, en acceptant d’être payée en barils « papiers ».

« Pour ces grandes sociétés occidentales, le risque est assez limité, estime Philippe Sébille-Lopez, du cabinet Geopolia. Elles fournissent déjà abondamment la Chine en brut. En intervenant sur le nouveau marché financier de Shanghai, elles jouent sur les deux tableaux, le commerce physique avec la Chine, et la spéculation - même si c’est en yuan ». Elles peuvent s’arbitrer en parallèle sur d’autres places en dollars, Londres, New York, Singapour ou Dubaï.

La Chine a en outre bien encadré son contrat pour tordre le cou à la réputation d’instabilité de ses Bourses locales de matières premières. La limite des fluctuations quotidiennes sera de 4 % maximum.

La Chine économise ses dollars

Le succès de ce nouveau marché de Shanghai se mesurera néanmoins à long terme. Il faudra des mois pour savoir s’il draine vraiment les investisseurs, mais même s’il reste modeste il pourrait apporter un peu de transparence au marché pétrolier chinois.

Il permettra surtout à la Chine d’économiser des dollars sur ses dépenses de pétrole. Sept millions de barils importés par jour, payables en billets verts, on approche quotidiennement du demi-milliard de dollars. Des contrats pétroliers en yuan sont donc les bienvenus pour la Chine !

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