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Revue de presse Afrique

A la Une: la réforme constitutionnelle en route au Tchad

Audio 04:46
Le président tchadien Idriss Déby lors d'une conférence sur la crise des migrants, à Paris, le 28 août 2017.
Le président tchadien Idriss Déby lors d'une conférence sur la crise des migrants, à Paris, le 28 août 2017. Ludovic MARIN / AFP
Par : Aurélien Devernoix
10 mn

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« Le départ pour la 4e République est acté », titre Le Pays, qui revient sur les principales propositions faites à l’issue du forum qui s’est achevé hier à N’Djamena, notamment la fin de la primature ou la restructuration de l’organisation administrative de l’Etat. « Aucun point de vue n’a été imposé », note le quotidien en citant le président Idriss Déby, qui en veut « pour preuve le fait que son penchant pour l’Etat fédéral n’a pas été pris en considération ». « Une aube nouvelle », juge de son côté TchadInfos.

Mais le travail réalisé lors de ces réunions n’a pas convaincu Le Tchad Anthropus. Le site d’information estime que le forum « n’a pas eu l’unanimité de l’ensemble politique de la nation », notant « une salle quasi vide » au-delà des 1ers rangs.

Makaila, dénonce de son côté un coup de bluff du pouvoir annonçant la présence d’un représentant du parti Al Nar lors du forum. Le site relaie le communiqué de la formation politique, démentant sa participation et annonçant un prochain dépôt de plainte.

Le Tchad Anthropus interpelle par ailleurs ses lecteurs : « attention à la dérive » liée à un pouvoir présidentiel. « Idriss Déby a fini par avoir sa 4e République sur un plateau d’argent », grince le site, qui salue toutefois la volonté de mettre en place la parité homme-femme dans les institutions.

Au Burkina Faso, Wakat Séra s’interroge : « Idriss Déby, président à vie ? » Une bien mauvaise idée selon le quotidien pour qui le chef de l’Etat « s’expose à bien des désagréments, les générations nouvelles s’accommodant très peu (…) d’un roi dans une démocratie » et d’ajouter : le président tchadien « serait le retraité le plus heureux s’il prend vite conscience du fait que ce règne sans fin peut très vite se transformer en piège sans fin ».

Au Mali, la presse est dubitative à l’issue de la visite du 1er ministre Soumeylou Boubey Maïga dans le nord du pays.

Midi Info notamment s’interroge : « le 1er ministre était-il au service du Mali ou de sa propre personne ? » lors de ce déplacement qui l’a mené notamment à Tombouctou, Gao et surtout Kidal où en 2014 l’ancien chef du gouvernement Moussa Mara avait été bousculé. Le journal accuse Soumeylou Boubeye Maïga « d’avoir échangé la garantie de fouler le sol de Kidal sans anicroche contre son silence » face aux « manquements » aux accords d’Alger des groupes armés du Nord. « Tout le monde a vu les drapeaux (du Mali) et de l’imaginaire République de l’Azawad côte à côte pendant la visite » du chef du gouvernement, s’insurge Midi Info « une situation révoltante face à laquelle le 1er ministre et sa délégation semblaient complètement indifférents ».

Delta News est plus indulgent : cette tournée « sans être inutile » a plutôt ressemblé à « un show médiatique », destiné à assurer la communication du pouvoir à 4 mois de la présidentielle. « Le tandem IBK/SBM joue son avenir à quitte ou double », poursuit l’hebdomadaire notant « un discours revisité, lustré et réemballé ». « Mais il en faut plus pour enthousiasmer » la population, poursuit Delta News.

D’autant plus que le discours du 1er ministre a varié d’une zone à l’autre, note Le Pays dans son éditorial : « après avoir courbé l’échine à Kidal », il a « haussé le ton à Koro » où des affrontements opposent Peuls et Dogons. « Une posture qui montre la faiblesse de l’Etat » selon le quotidien.

En tout cas, après avoir été voué aux gémonies en raison de son absence en 2014 alors qu’il était ministre de la Défense, « le bref passage de SBM à Kidal, tient au moins lieu de revanche d’un homme sur l’histoire » estime Le Témoin.

De « Soumeylou le lâche à Soumeylou le héros », observe l’Indicateur du Renouveau. Mais le journal rappelle « la fragilité des jugements depuis 5 ans » au Mali, avant de conclure : « aucune fanfaronnade ne nous fera oublier qu’on est toujours loin du bout du tunnel ».

L’avenir judiciaire de Nicolas Sarkozy continue par ailleurs de passionner la presse africaine.

En particulier au Burkina Faso où L’Observateur Paalga s’interroge sur les nouveaux témoignages qui ont conduit à la mise en examen de l’ancien président français. « Ce coup d’accélérateur donné depuis les geôles libyennes » laisse dubitatif le quotidien. « On ne peut manquer de s’interroger sur les circonstances dans lesquelles les fameuses dépositions d’anciens dignitaires libyens ont été faites dans un pays qui est tout sauf un Etat de droit (…) et que peut bien valoir la parole d’hommes qui ont une bonne raison de détester Sarkozy, leur tombeur ? », se demande l’Observateur.

Pour Le Pays, la situation pourrait encore sérieusement s’aggraver pour Nicolas Sarkozy « si les langues devaient se délier du côté de l’Hexagone comme elles sont en train de l’être à Tripoli ». « Il faut maintenant espérer que la procédure ira jusqu’à son terme », poursuit le quotidien, qui conclut « le fantôme de Kadhafi ne semble en tout cas pas le lâcher d’un pouce ».

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