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Allemagne: la montée de l'antisémitisme inquiète

Audio 03:43
Un manifestant tient une pancarte où l'on peut lire: «Stop à l'AFD», pour protester contre ce parti politique d'extrême droite.
Un manifestant tient une pancarte où l'on peut lire: «Stop à l'AFD», pour protester contre ce parti politique d'extrême droite. AFP/Steffi Loos

Comme en France, la communauté juive allemande s'alarme d'une montée de l'antisémitisme. A nouveau, c'est une agression contre une élève dans une école primaire de Berlin qui a relancé les débats.

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La dernière agression en date qui a à nouveau provoqué des polémiques et suscité de nombreuses réactions a eu lieu dans une école primaire de Berlin fréquentée par de nombreux élèves issus de l’immigration et venant de familles musulmanes.

Contrairement à d’autres cas, on parle d’enfants entre 6 et 8 ans donc d’un âge où les préjugés véhiculés proviennent très certainement du milieu familial.

Concrètement, une jeune fille juive a été harcelée par d’autres élèves à plusieurs reprises. Ses agresseurs ne savaient pas au départ qu’elle était juive. Ils l’ont menacé de mort comme incroyante. Ils ont ensuite appris qu’elle était juive ce qui a fait redoubler leurs nuisances.

En décembre dernier, un adolescent de 18 ans a été insulté par une élève d’origine arabe lui déclarant « Hitler était quelqu’un de bien parce qu’il a tué les juifs ». Il y a environ un an, des parents ont retiré leur fille d’une école de Berlin après des agressions et des menaces. La direction avait minimisé comme dans ce dernier cas l’affaire. Manque de chance, le père de l’élève concerné est un dirigeant en Allemagne de l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch.

De vives réactions...

La dernière agression a suscité de nombreuses condamnations à commencer par la classe politique. Plus de 70 ans après la fin de la guerre et la Shoah, le sujet reste des plus sensibles. La communauté juive allemande dénonce une montée globale des actes antisémites et s’est inquiétée de l’arrivée de nombreux migrants musulmans craignant qu’ils ne véhiculent des visions antisémites.

Une polémique s’est développée également en raison de la réaction du directeur de l’école concernée qui avait déclaré à des parents d’élèves que la jeune fille juive avait eu une discussion sur la religion avec ses camarades. A nouveau, le sentiment ambiant était que pour ne pas faire de vagues ou par crainte de brusquer certains parents, les responsables cherchaient à minimiser l’affaire.

Mais peu de solutions

Il y a d’abord celles qui existent déjà comme ces visites d’écoles avec des juifs, des musulmans ou des homosexuels plaidant pour plus de tolérance et luttant contre les préjugés. Il y a aussi des initiatives extérieures au monde scolaire, mais fondées sur un engagement volontaire, comme une organisation berlinoise où des musulmans s’engagent contre l’antisémitisme.

Diverses propositions ont été émises après la dernière agression. Le conseil central des juifs d’Allemagne comme un syndicat de la police ont suggéré que des statistiques soient réalisées sur les agressions antisémites à l’école pour mieux cerner l’ampleur du phénomène. D’autres ont proposé l’envoi de personnes extérieures dans les écoles. Le conseil central des musulmans d’Allemagne a évoqué des visites d’imams accompagnés de rabbins. Une proposition critiquée par d’autres estimant que le problème n’est pas celui du dialogue interreligieux, mais celui de préjugés antisémites qui doivent être combattus.

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