Revue de presse Afrique

A la Une: la menace de la rue au Togo

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Les partisans de l'opposition se rassemblent lors d'une manifestation appelant à la démission immédiate du président Faure Gnassingbé à Lomé, au Togo, le 7 septembre 2017.
Les partisans de l'opposition se rassemblent lors d'une manifestation appelant à la démission immédiate du président Faure Gnassingbé à Lomé, au Togo, le 7 septembre 2017. REUTERS

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Samedi au Togo, l'opposition donne rendez-vous à ses partisans pour descendre dans les rues, espérant une mobilisation massive. Le dialogue inter-togolais est décidément dans l’impasse.

« Où en est le dialogue ?, interroge justementIci Lomé », qui enjoint le président du Ghana, facilitateur de la crise inter-togolaise, à « se désolidariser du statu quo politique ». Le dialogue politique ? Il devient dorénavant une sorte de « piège qui tue les revendications au Togo », estime ce journal, (…) « le président Nana Akufo-Addo a le devoir de situer l’opinion afin qu’une des parties prenantes ne se réfugie derrière ce fameux dialogue pour piétiner l'autre ».

Pendant ce temps, la presse en ligne proche du pouvoir au Togo fait comme si de rien n’était. « La situation était tout à fait normale à Lomé, constate ainsi le journal en ligne République togolaise (…) la population est lassée par 8 mois de manifestations qui ont durablement affecté l’économie. Même les sympathisants de l’opposition reconnaissent aujourd’hui que le climat de tension entretenu par les adversaires du pouvoir pénalise tous les togolais ».

Cette tension au Togo ne manque pas de préoccuper la presse au Burkina Faso. Témoin le journal Le Pays, qui souligne que « le mercure social est encore monté au Togo de plusieurs crans. Et il y a lieu de craindre une montée de la tension dans les jours à venir », redoute-t-il. « La reprise de ces manifestations marque-t-elle la fin du dialogue politique ?, se demande en effet Le Pays. Au regard de la radicalisation des protagonistes qui campent chacun sur sa position, on peut répondre par l’affirmative, estime ce journal ouagalais. Dans ce cas, ne va-t-on pas vers le chaos si le débat doit se déporter dans la rue ? Malheureusement, c’est le risque que court le Togo, si les uns et les autres ne révisent pas leur position en mettant un peu d’eau dans leur vin. Car, à l’allure où vont les choses, il y a lieu de craindre que le médiateur lui-même n’en vienne à jeter l’éponge avant d’avoir pu entrer dans le fond du débat », énonce Le Pays.

« Un pas en avant, deux pas en arrière », lance L’Observateur Paalga. Pourquoi cet air de tango ? Parce qu’à propos de la mobilisation attendue demain dans la rue togolaise, ce quotidien burkinabè a comme un doute. « Il y a comme un air de lassitude des Togolais à descendre dans la rue », énonce ce journal ouagalais, qui enjoint l’opposition à « revoir sa copie ». Car, estime L’Observateur Paalga,  « on ne peut pas tendre la main droite à la table des négociations et tenir le coutelas de la contestation par la rue dans l’autre (…) Accepter de négocier, c’est accepter de faire des concessions. Sinon, gare à la dérive de la crise à la cadence du un pas en avant deux en arrière ».

Wakat Sera n’écrit pas autre chose. « Le Togo est en train de retourner à la case départ, s’il n’y est pas déjà, déplore cet autre journal burkinabè. Les démons de la division ont repris de l’ascendance sur les anges annonciateurs de paix. Il urge donc, pour libérer le peuple de la folie des politiciens, trouver les voies et moyens pour faire baisser à nouveau la tension et ramener tout ce beau monde sous l’arbre à palabres », enjoint Wakat Sera..

RDC : la chaise vide de Genève

Conférence des donateurs pour la RDC aujourd’hui à Genève. Avec un grand absent, la… RDC, justement. C’est tout à la fois ce que déplore et ce que souligne Le Potentiel. « Kinshasa, le grand absent », lance, « en une », ce quotidien kinois. Mais « qu’à cela ne tienne, soupire-t-il, fataliste, plusieurs humanitaires œuvrant au Congo Kinshasa y seront en vus de plaider pour le maximum des fonds en faveur des victimes des guerres et tous les autres conflits armés ainsi que les catastrophes naturelles que la RDC a connues ces derniers mois. En dépit de la persistance du refus de Kinshasa de participer à la conférence de Genève, le plus important reste que cette rencontre mobilise dans l’immédiat des fonds nécessaires en vue d’atténuer les souffrances des millions des Congolais », veut croire Le Potentiel.

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