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Afrique économie

Financement politique (série 2/5): le financement public

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Le Burkina Faso est l'un des rares pays qui offre un appui budgétaire hors campagne et pendant les campagnes électorales. (Photo d'illustration - Vue de Ouagadougou)
Le Burkina Faso est l'un des rares pays qui offre un appui budgétaire hors campagne et pendant les campagnes électorales. (Photo d'illustration - Vue de Ouagadougou) REUTERS/Joe Penney/Files

Toute cette semaine Afrique économie se penche sur une question cruciale : l’économie des partis politiques africains. L'argent étant le nerf de la guerre, comment se finance l’action politique ? Par quels mécanismes publics ou privés ? Deuxième volet de cette enquête, les finances publiques. Dans certains pays, l'Etat aide les partis politiques. Un système encore trop souvent imparfait.

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« La réflexion sur le mode de financement des partis politiques doit être reliée au type de démocratie que l'on veut construire. On ne peut pas construire des démocraties assises sur les partis politiques si l'on ne consolide pas les partis politiques. »

La position du chercheur Gilles Yabi est pleine de bon sens. Pourtant, le financement public des partis politiques est encore loin d'être parfait en Afrique. Le Burkina Faso est l'un des rares pays qui offre un appui budgétaire hors campagne et pendant les campagnes électorales. Pourtant, selon l'ancien ministre et opposant Ablassé Ouadraogo, le système peut être amélioré.

« Aujourd'hui au Burkina Faso, seuls six partis bénéficient des financements hors campagne. Nous, nous pensons qu'il faut essayer d'améliorer cette répartition. Au lieu de se baser sur le taux de 3% des suffrages gagnés par les partis, on pourrait modifier la loi et l'amener à prendre en compte tous les partis représentés à l'Assemblée nationale. Si ce cas de figure est accepté, au lieu de six partis qui bénéficient d'une enveloppe de cinq cents millions de francs CFA tous les ans au Burkina Faso, ce serait quatorze partis qui en bénéficieraient. Donc, je trouve qu'il faudrait améliorer le soutien de l'Etat aux activités des partis et formations politiques. »

Au Tchad, si la loi prévoit un financement, les sommes ne font pas l'objet d'une ligne budgétaire mais partent de la cagnotte du président. L'opposition dénonce donc le fait du Prince, se plaint des retards accumulés, deux années déjà. La somme attribuée à chacun des partis est forfaitaire et plutôt faible. 5 millions de FCFA par an par parti. Pas de quoi réjouir l'opposant Saleh Kebzabo.

« Cinq millions au Tchad c'est à peine une tournée politique. Si aujourd'hui par exemple, nous décidons d'aller au Nord à Abéché ou Biltine, c'est plus de cinq millions. Donc une seule sortie avec trois ou quatre voitures vous consomme une subvention annuelle. »

Selon les opposants, le véritable problème provient d'un manque de contrôle des fonds recueillis par les partis au pouvoir, fonds auxquels n'ont pas accès les opposants.

Gilles Yabi : « D'où le besoin de régulation pour qu'il y ait un champ politique démocratique. Car on peut faire des élections mais lorsqu'il y a un déséquilibre énorme au niveau des ressources, en réalité il n'y a pas de compétition démocratique. »

Le système de financement public aussi imparfait et insuffisant soit il est néanmoins nécessaire à la vitalité démocratique. Nous verrons mercredi que les hommes politiques ne sont jamais à court d'idées pour convaincre leurs militants de les épauler.

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