Revue de presse française

A la Une: sourires, accolades et embrassades…

Audio 06:12
Emmanuel Macron et Donald Trump à Wahington.
Emmanuel Macron et Donald Trump à Wahington. REUTERS/Kevin Lamarque

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C’est ce qu’on retiendra peut-être le plus de la visite d’Etat d’Emmanuel Macron à Washington : cette étonnante proximité, voire familiarité, avec Donald Trump.

En effet, note Le Figaro, « la prude Amérique s’est étonnée, deux jours durant, des interminables poignées de main, des enlaçades, baisers appuyés et effusions en tous genres, parfois dérangeantes tant elles paraissaient incongrues. »

Exemple : « l’épisode stupéfiant des pellicules, pointe Le Figaro. Dans le Bureau ovale, mardi, Donald Trump époussette soudain le revers du col de veston de son invité. “Je vais même lui enlever une pellicule, là, susurre le président américain. Nous devons le rendre parfait. Il est parfait !". “Cela relève du toilettage chez les primates”, note la très sérieuse Patti Wood, expert en body langage (expression corporelle), dans le Washington Post. Pour Trump, ce geste signifiait : “nous avons une relation intime, mais je suis le gorille alpha. Je vais donc t’épouiller. Et je vais en même temps te critiquer en remarquant que tu as des pellicules. Et je vais le faire devant le monde entier, pour voir comment tu t’en sors”. »

Commentaire du Figaro : « la moue d’étonnement du président français, acculé dans une posture infantilisante   imagine-t-on le général de Gaulle traité ainsi par John Fitzgerald Kennedy ? - illustre le fossé générationnel entre les deux hommes, que trois décennies séparent. Mais elle trahit surtout le conflit interne certainement vécu par Emmanuel Macron, entre humiliation et détermination, qui résume cette visite d’État : combien de couleuvres était-il prêt à avaler, combien de “hugs (câlins)” allait-il tolérer face à cet alter ego porté sur l’intimidation physique, au nom de l’intérêt supérieur de la relation franco-américaine ? »

Le dossier iranien dans l’impasse

Parmi ces couleuvres justement, le dossier iranien…

« D’un côté, rappelle La Croix, un président américain qui proclame depuis un an qu’il veut mettre à la casse l’accord de contrôle du nucléaire iranien conclu en 2015. De l’autre, l’Iran qui veut s’en tenir là. Pas facile de dégager entre les deux parties une voie de compromis. C’est à cela que s’est employé Emmanuel Macron au cours de sa visite aux États-Unis. Nul ne peut dire, à ce stade, si sa tentative a une chance d’aboutir. »

D’ailleurs, note Le Courrier Picard, « Téhéran et Moscou ont fait connaître leur désaccord (…). Il y a un aveuglement aujourd’hui à observer la politique internationale à travers le prisme macronien, estime le quotidien picard. Changer la France pour plus de libéralisme, c’est de la politique intérieure et les Français ont voté pour. Mais ils n’ont pas été prévenus qu’on allait aussi changer les équilibres du monde en se ralliant à un grossier personnage orangé. C’est une erreur lourde que de glisser le costume de la France dans les oripeaux de l’Amérique. »

« Il est encore trop tôt pour faire le bilan (sur l’Iran), relève pour sa part Le Journal de la Haute-Marne. On aura un premier aperçu d’ici à quelques semaines lorsque le président des Etats-Unis décidera ou non de mettre fin à l’accord sur le nucléaire iranien. Pour le reste, les rapports de force demeurent, relève le quotidien champenois : les Etats-Unis sont la première puissance mondiale, la France une puissance moyenne, ce qui rend faible son pouvoir d’influencer son allié américain. Surtout quand il est piloté par un homme qui, malgré les accolades, ne fait pas dans le sentiment. »

Brillant devant le Congrès

Un succès incontestable cependant   et on revient au Figaro   c’est le discours prononcé hier par Emmanuel Macron devant le Congrès : « dans un discours ponctué d’ovations debout, le président français s’est présenté en incarnation d’un libéralisme éclairé, se félicite le quotidien de droite, en chantre d’un nouveau multilatéralisme et d’un ordre mondial du XXIe siècle, en anti-modèle de Donald Trump. Le Congrès, cœur du système américain, a été séduit. »

En effet, note Républicain Lorrain, « après le glamour et les mamours, le labour. Cinquante minutes   in english   auront permis à Emmanuel Macron de prendre à témoin le Congrès, en remettant les sujets qui fâchent au cœur de sa visite outre Atlantique. Face au manque de concessions de son hôte la veille, le Français a joué le match retour devant les parlementaires. Les semaines à venir diront le bilan de ce déplacement. Toujours est-il qu’hier, l’intéressé a tenté de contourner l’inflexibilité de Donald Trump en s’attirant les bonnes grâces des députés et sénateurs américains. »

(Trop) petite baisse du chômage en France

A la Une également, la baisse du chômage en France : – 1 % sur les trois derniers mois… « Pourquoi le chômage baisse si doucement », titre Le Parisien. En effet, pointe le journal, « la reprise est de retour, nous dit-on. La France recrute et les entreprises peinent parfois à trouver des candidats. » Et pourtant, il n’y a eu que 32 000 chômeurs de moins au cours du premier trimestre. Pourquoi ? Eh bien, explique Le Parisien, parce que les emplois créés se font en majorité dans l’intérim, sous la forme de contrats très courts, et les personnes concernées restent inscrites à Pole Emploi.

En effet,précise L’Union, « sur le front de l’emploi, la convalescence de la France est loin d’être achevée ! Le retour de la confiance est fragile, et dans un premier temps, bon nombre d’entrepreneurs préfèrent recourir à des contrats courts. Le président de la République a demandé de la patience et estimé que rien de significatif ne serait perceptible avant deux ans. Il lui faut dans l’année qui vient convaincre que la transformation de la société va être favorable à l’embauche, talon d’Achille d’un pays accablé par un nombre de demandeurs d’emploi trop élevé. »

Oui, renchérit La Montagne, « la baisse du chômage ne se décrète pas. Certes, cette première approche trimestrielle montre une légère et lente tendance à la baisse. » Mais « la persistance du chômage de longue durée démontre si besoin les carences en matière de formation pour préparer les demandeurs à des adaptations de compétences et de profils. Il est trop tôt, estime La Montagne, pour imputer cette petite embellie à Emmanuel Macron qui a déverrouillé la confiance ou aux effets des mesures de François Hollande. Probablement l’un et l’autre y ont apporté leur pierre. Les prospectives ont annoncé pour cette année un record d’embauches en France. C’est encore à démontrer. »

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